Vu des médias arabes. Y a-t-il une vie après la dictature?

Egypte, mais aussi Syrie et, bien sûr, Libye: que faire des dictateurs? Les médias arabes s'interrogent et s'inquiètent parfois, alors que dans les réseaux sociaux, les activistes passent de la cyber-révolution à la cyber-résistance face aux tentatives de reprise en main. Une chronique de Tewfik Hakem.
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De la cyber-révolution à la cyber-résistance. Au Caire comme à Damas, les activistes du printemps arabe sont conscients que la révolution ne se joue pas en un acte. La chute de Moubarak ne signifie pas la fin de la dictature, rappellent les cyber-résistants égyptiens. Les manifestants syriens ne se laissent pas impressionner par les démonstrations de force du régime de Bachar Al-Assad. Les aspirations aux changements des Syriens, toutes confessions et tendances politiques confondues, continuent à s'exprimer dans les rues et sur le net.

En Egypte, les tribunaux militaires s'acharnent contre les contestataires mais la mobilisation ne fléchit pas, bien au contraire. Des dizaines de milliers d'Egyptiens ont réinvesti la place Tahrir ce vendredi dernier (lire notre reportage «La révolution est-elle déjà trahie par l'armée?»). Mouvement minoritaire ? Sans doute, mais désormais visible et très actif. Une alternative démocratique crédible s'installe enfin dans ce pays stratégique.

Le collectif des jeunes révolutionnaires – associé à des mouvements comme Kefaya et d'autres nés de la révolution du 25 janvier – lance via les réseaux sociaux plusieurs offensives médiatiques. Celle qui consiste à organiser sur la place Tahrir le procès public de l'ancien président Hosni Moubarak peut devenir, si elle se concrétise, un captivant feuilleton populaire comme le peuple égyptien en raffole. La distribution des rôles est déjà faite, Moubarak aura droit à des avocats.

Ce faux procès est en réalité un vrai défi adressé aux militaires aux commandes du pays. Le procès Moubarak que la presse exige alors que l'armée lui donne en pâture les anciens ministres ne peut aboutir qu'à un procès du régime tout entier. L'armée égyptienne affronte donc une opposition d'un nouveau genre, pacifique mais coriace.

Mais qu'en pense le célèbre journaliste Bilal Fadl ? Populaire, interviewé sur toutes les chaînes de télévision comme une star de cinéma, cet écrivain-scénariste de 36 ans est devenu l'éditorialiste vedette d'Al Masry Al Youm, le quotidien de référence de la nouvelle société civile égyptienne.

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Tewfik Hakem est journaliste indépendant. Il anime sur la radio France Culture une émission quotidienne consacrée à la littérature.