Dans les geôles marocaines, un journaliste entre la vie et la mort

Par et Rosa Moussaoui (L'Humanité)

Soulaimane Raissouni, ancien rédacteur en chef du quotidien Akhbar al Yaoum, incarcéré depuis un an, sans jugement, poursuit une grève de la faim depuis près de deux mois. Ce flamboyant éditorialiste, sans complaisance envers la monarchie marocaine, nie en bloc les accusations d’« attentat à la pudeur » et de « séquestration » dont il est l’objet. 

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On ne compte plus, depuis un an, ses comparutions, d’audiences renvoyées en demandes de remise en « liberté provisoire » refusées. Il est apparu sur le banc des accusés, ce jeudi 3 juin, méconnaissable, au 57e jour d’une grève de la faim qui menace aujourd’hui sa vie : la peau sur les os, les traits émaciés, prostré sur sa chaise, incapable de se tenir debout, dodelinant la tête, entouré comme le plus dangereux des criminels par des hauts gradés de la police.