En Pologne, la fracture se creuse entre le pouvoir et la population sur l’UE

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La Commission européenne a ouvert fin juillet une procédure d’infraction à l’encontre de la Pologne pour ses réformes du système judiciaire. Alors que le pouvoir s’enferme dans une posture hostile à Bruxelles, la mobilisation dans la rue a atteint un niveau sans précédent, révélant un profond attachement aux institutions européennes.

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Un fossé est-il en train de se creuser entre la Pologne et l’Union européenne ? Alors que depuis son arrivée au pouvoir, à l’automne 2015, le PiS (« Droit et Justice », droite ultraconservatrice) a engagé des réformes conduisant la Commission à placer cet État-membre sous surveillance dès janvier 2016 pour non-respect de l’État de droit, un cap supplémentaire a été franchi cet été. En juillet, le Parlement a voté trois lois ouvrant la voie à une prise de contrôle du pouvoir judiciaire par l’exécutif, et même si deux de ces textes ont finalement été levés par un veto du président polonais, la dérive autoritaire continue. Bruxelles a poussé d’un cran sa réaction, en déclenchant le 29 juillet une procédure d’infraction à l’encontre de Varsovie. Cette dernière a un mois pour répondre. Mais comme lors des avertissements précédents, le gouvernement a largement dénigré l’intervention européenne, dénonçant une ingérence dans ses affaires intérieures.