Le Kremlin relègue au second rang la langue tatare

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Depuis novembre 2017, l’enseignement du tatar, langue officielle avec le russe de cette riche région pétrolière, n’est plus obligatoire dans les écoles. Cette décision imposée par Poutine ébranle le « modèle tatar » de coexistence pacifique entre les nationalités.

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Kazan (Russie), envoyée spéciale.– C’était dans les années 1990, l’écrivaine tatare Gouzel Iakhina était adolescente et elle se rappelle de « ces jeune types ultranationalistes tatars qui se baladaient à Kazan avec des tee-shirts portant cette inscription : “Je me souviens de 1552” ». 1552 est la date de la prise de la ville par le tsar Ivan le Terrible, un événement qui a marqué la fin du puissant Khanat de Kazan et le début de l’intégration forcée dans l’empire russe des Tatars. Ils ont été réduits en esclavage, exilés loin de Kazan, russifiés et christianisés pour certains.