Berlin (Allemagne), de notre envoyé spécial. - Du premier ministre nommé quelques heures plus tôt à Paris, il n’en fut question qu’une poignée de secondes. « Nous allons prendre la discipline de ne pas parler de politique française à l’étranger », a évacué Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse aux côtés d’Angela Merkel, lundi en fin de journée à Berlin.

La règle a le mérite de trancher avec les manières de son prédécesseur. François Hollande adorait commenter les soubresauts de la politique française, depuis son pupitre de chef d’État, lors des sommets à Bruxelles. Son successeur, lui, a voulu prendre de la hauteur. Il s’est présenté animé d’un seul objectif : face à la « colère » qui gronde, et aux populismes qui sévissent, il veut poser les bases d’« un acte de refondation » de l’Europe.

« Nous voulons créer une nouvelle dynamique », a renchéri la chancelière, particulièrement souriante tout au long de la soirée. N’en déplaise au nouveau président français, sa bonne humeur n’était sans doute pas seulement liée à la présence d’Emmanuel Macron. Le succès de son parti, la CDU, aux élections organisées la veille dans le Land le plus peuplé du pays y contribuait aussi largement : la déconfiture des sociaux-démocrates prépare le terrain à une confortable réélection de Merkel aux législatives de septembre.