Theresa May plaide en faveur d'un Brexit «clair et net»

Sept mois après son arrivée au pouvoir, la cheffe du gouvernement britannique a abattu ses premières cartes. May plaide pour une sortie du marché unique européen comme de l’union douanière. Et menace de recourir au dumping fiscal, si les Européens durcissaient le ton.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

Theresa May a levé une première incertitude majeure à l’approche des négociations du Brexit, lors d’un discours très suivi mardi 17 janvier. Elle s’est rangée à l’avis des Européens, en reconnaissant que le Royaume-Uni perdrait son accès au marché unique européen une fois sorti de l’Union. Ce qu’elle a résumé d’une formule : ce sera « un Brexit clair et net », a-t-elle promis devant un parterre d’ambassadeurs européens rassemblés à la Lancaster House, un manoir du XIXe siècle dans l’Ouest londonien, qui accueille souvent des réunions internationales.
Mais la conservatrice, soufflant le chaud et le froid, a aussi prévenu que Londres ne resterait pas sans rien faire si les 27 membres de l’UE cherchaient à « punir » les Britanniques lors des négociations qu’elle s’est elle-même engagée à ouvrir fin mars. « Des voix s’élèvent pour un accord punitif à l’encontre du Royaume-Uni, afin de décourager d’autres pays qui voudraient emprunter le même chemin. Ce serait un acte calamiteux d’automutilation pour les États d’Europe », a déclaré Theresa May.
« Pas d’accord avec l’UE serait préférable à un mauvais accord », a-t-elle insisté, avant d’énoncer un chantage : en l’absence d’accord avec l’UE, « nous aurions toujours la liberté de fixer les niveaux de fiscalité et d’enclencher des politiques capables d’attirer les meilleures compagnies au monde, et les plus grands investisseurs ». Se disant persuadée que « ce scénario n'arrivera pas », la cheffe du gouvernement a explicitement repris les menaces formulées dimanche par son ministre des finances. Philip Hammond avait expliqué que le Royaume-Uni n’hésiterait pas à recourir aux techniques de dumping fiscal et social, pour contrer les effets d’un Brexit désordonné (lire son entretien au quotidien allemand Die Welt).

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là

Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Amérique du Sud
par François Bougon
Santé — Analyse
par Caroline Coq-Chodorge et Donatien Huet
Terrorisme — Enquête
par Matthieu Suc
International — Entretien
par Joseph Confavreux et Rachida El Azzouzi
Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

Politique — Analyse
Immigration : ce que voudrait faire Gérald Darmanin
Au cours des derniers mois, le ministre de l’intérieur comme le président de la République ont dévoilé quelques mesures phares qui pourraient constituer le projet de loi sur l’asile et l’immigration, annoncé pour 2023.
par Nejma Brahim et Ilyes Ramdani
Éducation — Enquête
Éducation à la sexualité : Mediapart révèle un rapport d’inspection enterré par Blanquer
Un rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale, qui établit la trop faible efficacité de l’éducation à la sexualité, est resté un an dans les tiroirs de Jean-Michel Blanquer. Son successeur, Pap Ndiaye, semble enfin vouloir faire de cette politique publique une priorité.
par Mathilde Goanec et Pierre Januel
Qatar : le Mondial de la honte — Enquête
Au Qatar, l’enfer des travailleuses domestiques
Encore plus invisibilisées que les forçats des chantiers car maltraitées dans l’intimité de foyers privés où elles sont recluses, les travailleuses domestiques subissent des abus et des violations systémiques au Qatar. Deuxième volet de notre enquête au royaume de l’esclavage moderne.
par Rachida El Azzouzi
Moyen-Orient — Enquête
Sabra et Chatila : histoire d’un massacre anticipé par Israël
Il y a quarante ans, le 16 septembre 1982,  commençait dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban une orgie de viols et d’assassinats qui allait se poursuivre pendant trois jours. Cinq mois plus tard, une commission d’enquête gouvernementale concluait qu’aucun Israélien ne pouvait être tenu pour responsable des massacres. Un universitaire a découvert à Jérusalem, dans les archives officielles, une tout autre vérité…
par René Backmann