Equateur: la page Correa se tourne mollement

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Les soutiens des « progressistes » latinos espèrent assister à l’arrêt de la montée des droites sur le continent lors de l’élection présidentielle équatorienne du 19 février. Mais alors que le président Rafael Correa ne se présente pas et que la crise économique a déjà bien écorné les politiques sociales et écologiques, l’heure n’est pas à l’enthousiasme.

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« S’il y a eu quelques revers, ce sont des revers de circonstance, conjoncturels, mais sur le long terme la lutte continue. Je suis convaincu que la fin de cycle [des gouvernements de gauche – ndlr] n’existe pas », déclarait le ministre des affaires étrangères équatorien Guillaume Long, le 8 février 2017, alors en déplacement au Venezuela. Pour lui, la victoire d'Alianza País (AP) aux élections du dimanche 19 février, qui désigneront un nouveau président, un vice-président, 137 députés et 5 représentants au Parlement andin, « démontrera que les gouvernements progressistes peuvent compter sur l’appui de leur peuple ». Le résultat du scrutin renverserait la tendance de la montée des droites en Amérique du Sud. Ces dernières ont remporté les élections présidentielles en Argentine (novembre 2015), au Pérou (présidentielle de juin 2016), destitué Dilma Rousseff au Brésil (août 2016) et gagné les élections législatives au Venezuela (décembre 2015). Le sociologue argentin Atilio Boron va jusqu'à comparer la campagne équatorienne à la « bataille de Stalingrad », dans une chronique publiée par le quotidien gouvernemental El Telégrafo.