À Bruxelles, François Hollande critiqué pour son double discours sur la relance

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D'un côté, le président français s'est engagé pour une relance forte en Europe. De l'autre, Paris rejoint les pays qui insistent pour limiter la hausse du budget européen. À Bruxelles, des élus s'inquiètent de cette « schizophrénie ».

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De notre envoyé spécial à Bruxelles

François Hollande en a fait le pilier de sa politique européenne : le « pacte pour la croissance et l'emploi » signé lors du Conseil européen de juin. Chiffré à quelque 120 milliards d'euros (1 % du PIB de l'Union), ce paquet de mesures est censé consolider une politique de relance, à l'échelle de l'Europe, pour contrer les effets pervers de la rigueur budgétaire chère à la chancelière Angela Merkel.

De nombreux économistes sont déjà montés au créneau pour critiquer le manque d'ambition des mesures sur la table face à l'ampleur de la crise (lire notre article). Mais un autre débat est en train de monter, à Bruxelles, qui porte sur la « schizophrénie » de Paris en matière de relance. En cause : les discussions sur le budget de l'Union européenne pour l'an prochain.

Ces négociations, lancées dès avril par la Commission européenne, qui a formulé une première proposition, n'aboutiront qu'en novembre. Mais les capitales ont déjà arrêté leurs positions, qu'elles devraient confirmer lors d'une réunion ministérielle ce jeudi à Bruxelles. Et selon certains élus, les choix budgétaires de Paris entrent en totale contradiction avec le « pacte pour la croissance » voulu par François Hollande.