Farah Naqvi : «Pour la première fois en Inde, nous avons mis les droits des femmes au premier plan»

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Le viol collectif d’une jeune femme dans un bus en 2012 a provoqué un électrochoc dans la société indienne. Pour autant, la condition des femmes demeure très inégalitaire, explique l’écrivaine et militante Farah Naqvi. Troisième volet de notre série sur l'Inde, où les élections législatives se déroulent jusqu'au 12 mai.

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New Delhi, de notre envoyé spécial.   Au soir du 16 décembre 2012, une jeune étudiante indienne se trouvait dans un bus en compagnie d’un ami, dans la banlieue de Delhi. À la fin du trajet, six hommes, dont le chauffeur, tabassèrent son ami et la violèrent. Treize jours plus tard, la jeune femme de 23 ans décédait de ses blessures dans un hôpital de Singapour. Cette histoire, qui n’était malheureusement pas si extraordinaire en Inde, provoqua une réaction populaire spontanée comme le pays en avait rarement connu s’agissant des violences faites aux femmes. Des dizaines de milliers d’Indiens descendirent dans les rues des grandes villes pour protester contre les agressions dont les femmes sont victimes, mais aussi contre la passivité du gouvernement et des autorités face à ce genre de crimes.