À 92 ans et au pouvoir depuis 1982, le plus vieux chef d’État en exercice a été déclaré réélu, lundi, dans un pays verrouillé par une machine étatique qui neutralise toute opposition. La veille, quatre personnes ont été tuées lors de manifestations en soutien à son principal rival, qui revendique la victoire.
Après déjà quatorze ans de pouvoir, le président sortant sollicite un quatrième mandat. En l’absence des principaux leaders de l’opposition, sa victoire ne fait guère de doute. Mais un faible niveau de participation pourrait trahir la lassitude de la population.
Sur le papier, les indicateurs macroéconomiques sont flatteurs pour le président Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat le 25 octobre. Mais l’expérience des Ivoiriens, qui subissent une précarité et des inégalités massives, contredit le discours d’autosatisfaction du pouvoir.
Le nouvel homme fort de Madagascar a promis « un nouveau chapitre de la vie nationale » à l’occasion de son investiture. Les jeunes mobilisés de la Gen Z attendent « des preuves concrètes et des actions tangibles ».
« On est ici pour prendre le pouvoir parce que la crise a assez duré », a affirmé mardi le colonel Michael Randrianirina devant les médias. Le nouveau pouvoir annonce la mise en place d’un gouvernement civil « dans quelques jours », tandis que les manifestations se poursuivent.
L’exfiltration du président Rajoelina par l’armée française ravive les critiques contre une politique africaine jugée néocoloniale. Madagascar, comme l’Afrique francophone, s’inquiète des ingérences françaises et réclame des explications.
L’annonce de l’unité militaire qui s’est ralliée au mouvement de contestation est intervenue peu après le vote de la destitution du président Andry Rajoelina par l’Assemblée. Lundi soir, ce dernier avait écarté toute démission dans un message diffusé sur les réseaux sociaux.
Le mouvement de la jeunesse malgache, qui appelle pour jeudi à la grève générale, réclame la démission du président Andry Rajoelina. La légitimité du chef de l’État, au plus bas, n’a en réalité jamais été solide : depuis le début, elle repose en partie sur le soutien de la France.
Les manifestations urbaines qui secouent actuellement le royaume sont la conséquence d’une politique antisociale commencée il y a plus de dix ans. En attendant une sortie de crise, il y aura désormais un « avant » et un « après » 27 septembre.
Après plusieurs jours de répression de tout rassemblement, les jeunes de GenZ 212 semblent enfin s’être installés dans les rues du royaume. Pour le mouvement, l’enjeu est de s’affirmer par le pacifisme, et d’obtenir un nouveau gouvernement.
Samedi 27 et dimanche 28 septembre, la police a dispersé d’importantes manifestations dans plusieurs villes du Maroc, et procédé à de nombreuses arrestations. Les protestations étaient pourtant pacifiques, au nom du droit à la santé et à l’éducation.
Dans l’État insulaire, la répression est violente contre la « génération Z » qui dénonce les pénuries. Au moins cinq morts sont à déplorer, tandis qu’un couvre-feu a été instauré. Le président Rajoelina a limogé le ministre de l’énergie mais la crise reste entière.
Assumant sa filiation avec l’ancien premier ministre Pierre Messmer, le chef du gouvernement défend une même vision de la nation et de son (ex-)empire. Pour lui, la France doit encore assumer son « fardeau » en Afrique, et doit tout faire pour conserver ses territoires ultramarins.
Le gouvernement du Somaliland, État de facto de la Corne de l’Afrique, se montre ambigu au sujet d’un « projet » américano-israélien de déportation de la population gazaouie sur son territoire. Une attitude qui vise avant tout à consolider des années d’efforts diplomatiques envers Washington.
Après avoir pris le pouvoir au Mali en 2020, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en 2023, les militaires ont sapé tous les fondements démocratiques et ont imposé des régimes de terreur. Ils mettent en avant la priorité de la lutte contre les groupes djihadistes, qui ne cessent pourtant de gagner du terrain.
Le deuxième Sommet africain sur le climat s’est achevé mercredi en Éthiopie. La déclaration adoptée à son issue relance la question de la finance climatique. Elle traduit les efforts pour parler d’une voix commune lors des prochaines négociations onusiennes sur le climat en novembre.