Le Congrès des États-Unis, emmené par les démocrates, vient de supprimer du budget les fonds prévus pour la fermeture de la prison de Guantanamo, qui doit théoriquement intervenir avant janvier 2010. Ce nouvel obstacle démontre une fois de plus la situation inextricable et le climat de paranoïa créée par l'administration Bush dans sa «guerre contre la terreur».
En commençant mardi sa réorientation des priorités énergétiques américaines par l'épineuse question des agrocarburants, le nouveau président des Etats-Unis a démontré comment il entend gouverner le pays : en s'attaquant au statu quo de manière prudente tout en s'attachant à forger un consensus. Aujourd'hui, la fabrication d'éthanol aux Etats-Unis bénéficie de plus de 200 allégements d'impôts et subventions, coûtant au moins 5,5 milliards de dollars annuels au contribuable.
La défaite du parti républicain à l'élection présidentielle de novembre 2008 a fait voler en éclats la coalition disparate forgée par Ronald Reagan, qui avait dominé la vie politique des États-Unis pendant trente ans. Aujourd'hui affaiblis, les conservateurs s'entre-déchirent pour savoir comment rebondir: en mettant la barre à droite toute ou en retournant au centre?
Le président des États-Unis est sur tous les fronts : réformes économiques, gestion de la crise financière, changement d'orientation de la politique étrangère, etc. Mais cette boulimie qui consiste à vouloir tout faire en même temps fait craindre à certains un échec prématuré. Pour d'autres, c'est le signe du bouleversement d'agenda d'une Amérique passant du conservatisme au progressisme.
Après avoir rendu publics les mémos secrets autorisant la CIA à pratiquer la torture, le président des Etats-Unis a indiqué mardi qu'il n'était pas opposé à des poursuites contre les responsables qui ont autorisé ces actes, ni contre une commission d'enquête indépendante. Il ouvre ainsi la voie à un grand déballage qui pourrait remonter très haut: Cheney, Rumsfeld, Gonzalez, voire Bush.
Le secrétaire au Trésor de Barack Obama, Tim Geithner, a présenté les grandes lignes d'un plan de sauvetage des banques très attendu. Pas de nationalisation, ni de cantonnement des actifs "toxiques", mais des partenariats public/privé. Avec l'argent et la garantie de l'Etat, les investisseurs privés sont invités à nettoyer les artères bloquées du système bancaire américain. L'heure des fonds "vautours" a peut-être sonné. Analyse.
Il est encore trop tôt pour évaluer sérieusement les actions du nouveau président des Etats-Unis. Mais force est de reconnaître que, durant ses deux premiers mois à la Maison Blanche, il est parvenu à changer non seulement la manière de gouverner qui a prévalu ces huit dernières années, mais aussi la substance même de certaines politiques. Le tout à sa manière : déterminée, modérée et pédagogue. Barack Obama président fait du... Barack Obama candidat. Et à deux semaines de sa venue en Europe, le président américain a réussi à bouleverser l'image des Etats-Unis dans le monde.
Les révélations du juge lors du procès du numéro trois de la CIA, Kyle Dustin Foggo, qui vient d’être condamné, jeudi 26 février, à trois ans de prison ont mis en évidence les montages frauduleux au plus haut niveau de l’Etat concernant les activités clandestines du gouvernement américain. Sociétés écrans, emploi de barbouzes... C'est la première fois que la justice américaine frappe aussi haut pour des faits aussi graves. Encore «Dusty» Foggo a-t-il plaidé coupable pour ne pas devoir tout «déballer»...
En dépit de ses promesses de changement, le nouveau président des Etats-Unis a déjà pris plusieurs décisions qui se situent dans la droite ligne de celles de son prédécesseur concernant le statut des prisonniers et des victimes de tortures. Du coup, une partie de la gauche américaine a décidé de faire pression sur la Maison Blanche pour que soit constituée une commission d'enquête sur les dérives de l'administration Bush-Cheney.
Barack Obama a choisi d'aller vite. La Chambre des représentants et le Sénat ont mis 24 heures pour tomber d'accord sur un plan de relance d'une ampleur exceptionnelle (789 milliards de dollars). Objectif : sauver ou créer 3,5 millions d'emplois d'ici deux ans. Au-delà de la victoire politique, le nouveau président devra se justifier sur de lourdes concessions – en matière d'éducation et de santé notamment. Retour, pour y voir plus clair, sur les différentes moutures du plan de relance, graphiques à l'appui.
En retirant son candidat au poste de ministre de la santé pour une question d'impôts impayés, le président des Etats-Unis montre qu'il a l'échine souple, mais aussi que le système américain de confirmation des hauts fonctionnaires est extrêmement exigeant, contrairement à ce qui se passe en France.
Le nouveau président des Etats-Unis n'est installé à la Maison Blanche que depuis une semaine, mais il a déjà annoncé plusieurs mesures qui démontrent son intention de remplir ses promesses de campagne et d'orienter le pays dans une direction différente de celle des huit années précédentes. Nouveau rapport au monde, adresse aux musulmans, environnement, Proche-Orient et plus grande transparence: l'Europe est déjà prise de vitesse.
Les Boliviens ont largement adopté par référendum (60% de oui), dimanche, la nouvelle constitution voulue par Evo Morales. Ce texte entend transformer le pays, encore largement structuré par des relations de pouvoir coloniales en une nation multiethnique et multiculturelle. Morales a proclamé «la refondation de la Bolivie». «C'est la fin des immenses exploitations agricoles et des grands propriétaires.» (Photo Agencia Brasil.)
L'élection d'Obama marque la fin d'une très longue hégémonie conservatrice. Elle signifie aussi que la société américaine a profondément changé. Ce sont les principales conclusions du sociologue Todd Gitlin, l'un des meilleurs observateurs de la gauche américaine. Entretien.
Barack Obama est confronté à des urgences en série. Mais les meilleurs plans du monde seront peu utiles si le 44e président ne surmonte pas les pièges de Washington, cette capitale politique féroce qui a fait trébucher Clinton et a méprisé George Bush.
Alors qu'il s'apprête à quitter la Maison Blanche après huit années derrière le bureau ovale, George W. Bush affiche un bilan qui flirte avec la catastrophe générale. Mediapart y regarde à trois fois, en examinant aujourd'hui la façon dont le 43e président des Etats-Unis, et son bras droit Karl Rove, ont instrumentalisé le mouvement conservateur américain pour n'en laisser aujourd'hui qu'un champ de ruines.