Pour le philosophe Marc Crépon, la France connaît une régression démocratique irréfragable sous le joug d’Emmanuel Macron. Au point que le prétendu pays des droits de l’homme accoste des rivages autoritaires, sinon dictatoriaux. Entretien radical et judicieux.
Désobéissance de masse contre les mégabassines, « manif’actions » contre des projets d’autoroutes, rassemblement contre le maraîchage industriel : les Soulèvements de la Terre sont une forme de Commune contemporaine, selon l’historienne Kristin Ross, qui publie un essai sur « la lutte comme manière d’habiter » à paraître bientôt aux éditions La Fabrique.
Le président de la République est désavoué aussi bien par des penseurs de renom et des universitaires modérés que par des représentants de la pensée « mainstream », voire « unique ».
Le géographe et économiste David Harvey est un infatigable pédagogue de la pensée marxiste, mais c’est aussi un théoricien important qui a placé au centre de son attention le caractère spatio-temporel de l’accumulation du capital.
Alors qu’avec ChatGPT, les innovations de la Silicon Valley semblent à nouveau structurer notre avenir, pour le pire ou le meilleur, le chercheur Olivier Alexandre publie une étude inédite sur ce monde de la tech, plus politique qu’il ne le prétend.
Le philosophe Pierre Crétois publie « La Copossession du monde » (éditions Amsterdam), dans lequel il critique l’idée fort répandue que le droit de propriété est nécessaire à tout ordre social. Pour lui, la société repose davantage sur la reconnaissance de biens communs.
Le sociologue Max Weber est régulièrement enrôlé dans des tentatives de minimisation ou de justification des violences policières. Il s’agit d’un détournement de son œuvre, alors que ces violences découlent précisément d’un défaut de légitimation du pouvoir actuel.
Claude Gauvard est une des plus grandes historiennes médiévistes de France. Elle revient sur son parcours et sur une figure célèbre du roman national, à laquelle elle consacre son dernier ouvrage : Jeanne d’Arc.
L’intelligentsia géorgienne, pro-Ukraine tout en vivant sous un gouvernement pro-Poutine, n’en démord pas : la culture russe, parfois perçue comme universelle et à défendre comme telle, relève d’abord d’un instrument de domination aux mains du Kremlin.
Serge Paugam publie « L’Attachement social », une réflexion sur les liens sociaux dont toute personne humaine dépend pour son bien-être. Il constate la diversité de leurs agencements à travers le monde et insiste sur l’importance des luttes sociales pour améliorer leur qualité.
Et si nous ne comprenions pas bien les logiques autonomes de la guerre, préférant nous concentrer sur l’obsolète question des raisons du conflit ou nous rassurer avec la perspective douteuse d’une négociation future ? Entretien avec l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau.
Figure française de la lutte contre le sida, ce philosophe et sociologue, fondateur en 1984 de l’association Aides, compagnon et éditeur de Michel Foucault, est mort le 7 février. En 2014, Mediapart l’avait longuement interrogé. Retrouvez l’entretien vidéo.
Face à l’imaginaire apocalyptique, où trouver des espaces pour reconstruire une politique qui ne soit ni épouvantée ni épouvantable, et ainsi éviter l’apathie et le déni face aux menaces écologiques et climatiques ?
À la fin d’une année marquée par la visibilité accrue de la catastrophe climatique et l’évocation d’un Armageddon par le président de la première puissance mondiale, peut-on croire aux « meilleurs vœux » que l’on s’adresse pour 2023 ? Autrement dit, pourquoi les pensées de la catastrophe paraissent-elles ne plus guère percuter ?
Depuis quelques années, les publications sur la question animale se sont multipliées, renouvelant complètement la conception des frontières entre humains et animaux. La gauche, longtemps rétive à s’emparer d’un sujet jugé secondaire, est désormais en première ligne.
Journaliste et militante antiraciste, Sihame Assbague a observé l’évolution de sa fiche Wikipédia. Elle décide alors d’enquêter sur le fonctionnement de l’encyclopédie dont les mots d’ordre sont liberté, autogestion, transparence et neutralité.