Pour l’historien Tal Bruttmann, la séquence ouverte depuis le 7 octobre est révélatrice d’un changement du régime d’images et de cécités sur la mémoire de la Shoah et ses usages, en Israël comme en France.
L’activiste et philosophe afro-américaine a partagé son amour de la musique et ses visions révolutionnaires dimanche soir à Paris. Cinquante ans après l’apogée du mouvement Black Power, elle reste une source d’inspiration inégalée.
Alors que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, affirme se tenir aux côtés d’Israël, certains de ses concitoyens proclament leur soutien à Gaza et tentent des analogies entre leur pays et la Palestine. Entretien avec la chercheuse franco-ukrainienne Daria Saburova.
Depuis les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre, les réseaux sociaux sont des vecteurs à la fois de diffusion d’images, souvent insoutenables, et de polarisation du débat. Dans ce contexte, quels obstacles rencontrent les médias dans leur récit ? Entretien avec Jérôme Bourdon, historien et sociologue.
Depuis l’offensive d’Israël sur Gaza, les manifestations de soutien à la cause palestinienne ont réuni de nombreux jeunes. Héritant d’un cadre militant structuré depuis la fin des années 1960, ils reformulent les raisons de leur engagement avec leurs propres concepts, marqués par les discours post-coloniaux et antiracistes.
L’historienne Anouche Kunth publie « Au bord de l’effacement », une enquête délicate sur la marque du passé génocidaire dans les formalités administratives accomplies par les exilés arméniens en France, dans l’entre-deux-guerres.
Suzanne el Kenz, écrivaine palestinienne algéro-française, vient de publier aux éditions Barzakh « De glace et de feu ». Ce roman sonne tel un long cri de détresse et de rêves : si je t’oublie, Palestine. Entretien sur la guerre avec cette native de Gaza.
Écrivain né à Jérusalem, Karim Kattan livre dans ce texte son vécu des dernières semaines en tant que Palestinien, une personne dont « l’humanité est conditionnelle aux yeux du monde » : « Nous, Palestiniens, nous tenons au seuil de l’humanité. On nous y invite parfois, mais pas toujours. »
Depuis la guerre et les massacres au Proche-Orient, nombre de Français juifs s’inquiètent. D’autant que leur pays, la France, a une funeste histoire d’antisémitisme. « Antisémitisme, les risques et la confusion » : une nouvelle édition de « À l’air libre », l’émission d’actualité et de débats de Mediapart.
Metteur en scène installé à Paris, l’Israélien Yuval Rozman raconte à Mediapart son « horreur » face aux massacres à Gaza, et dénonce la soif de « vengeance » des dirigeants de son pays. Il dit aussi sa « peur » du retour de l’antisémitisme en France.
La chercheuse Doris Buu-Sao propose une ethnographie des pratiques extractivistes qui complexifie l’affrontement parfois romantisé entre communautés natives et industries prédatrices et polluantes.
L’historien italien s’inquiète des effets dévastateurs de l’instrumentalisation de la mémoire de l’Holocauste pour justifier la « guerre génocidaire » menée par l’armée israélienne à Gaza. Ce dévoiement pourrait causer une « remontée spectaculaire » de l’antisémitisme, alerte-t-il.
Romancière, essayiste, prix Médicis en 2013, Léonora Miano s’interroge dans son nouveau livre sur ce qu’elle nomme « le problème blanc » et la blanchité. De quoi décontenancer tous ceux qui veulent évacuer la question fondamentale du racisme et du colonialisme. Entretien dans « À l’air libre », où il est aussi question de mémoire, de migrations et du couple hétérosexuel.
Le sociologue Élie Guéraut publie une enquête sur le déclin d’une fraction des classes moyennes autrefois alignée sur le Parti socialiste. Avec ses conséquences en matière de ressentiment et de repli sur la vie privée.
Avec « Où va la France de Macron ? », le sociologue David Muhlmann propose une analyse marxiste de notre vie politique. Il met en rapport la financiarisation du capitalisme français, le reflux et la métamorphose des luttes sociales, et le tournant autoritaire du pouvoir d’État.