Les Caisses d'épargne ont multiplié les investissements dans la presse, L'Humanité, Le Monde, La Croix... Un mystérieux «projet Titien» a même été étudié visant à racheter La Tribune à Bernard Arnault, pour une somme dérisoire. Nombre d'autres projets ont été enterrés avec l'éviction de Charles Milhaud. Beaucoup mais... pas tous.
Alors que Public Sénat possédait depuis le 5 septembre les images de la discussion de Seignosse (Landes) au cours de laquelle Brice Hortefeux a tenu des propos indignes, le patron de la chaîne, Gilles Leclerc – nommé en avril par le bureau de la chambre haute du Parlement, contrôlé par la majorité –, a refusé toute la semaine de les programmer à l'antenne, malgré les demandes de sa rédaction... Récit.
Nicolas Sarkozy se rêve – ce n'est pas un secret – en Barack Obama français. Mais quand il s'agit du respect des contre-pouvoirs, les deux présidents ont des attitudes fondamentalement divergentes. La preuve par l'image dans notre édito vidéo.
Nouvel exemple du mélange des genres dans la presse. Fondateur du site Slate.fr, chroniqueur sur France Inter, producteur sur France Culture, animateur sur Public Sénat, éditorialiste à Challenges, ancien patron du Monde, Jean-Marie Colombani est aussi administrateur de grands groupes privés. Generali France, la société d'assurances, et la maison d'édition Flammarion. Un cumul de fonctions prohibé par la charte d'éthique du Washington Post, le propriétaire de Slate.com, dont le site dirigé par l'ancien patron du Monde est la déclinaison française.
À l'occasion de la sortie en salles, mercredi 18 mars, du film d'André Téchiné, La Fille du RER, retour sur ce fait divers de juillet 2004. En trois jours, un emballement médiatique symptomatique a transformé en leçon d'instruction civique hystérique une fable inventée de toutes pièces par une victime ayant su se rendre exemplaire. Décorticage et analyse de ce qui n'a pas forcément fini de nous pendre au nez...
Les salariés de la radio publique RFI, actuellement menacés par un plan social qui prévoit la suppression de 200 emplois (sur 945), sont-ils victimes d'un gros mensonge de leur direction pour justifier cette vague de licenciements inédite au sein de la station ? Selon des documents internes, les «baisses d'audience» invoquées pour expliquer l'urgence d'un tel plan par Alain de Pouzilhac, le patron de l'Audiovisuel extérieur de la France, ne sont pas flagrantes. Loin s'en faut.
Imaginerait-on un instant le patron de la BBC, modèle d'indépendance médiatique, émarger au conseil d’administration de plusieurs grandes entreprises privées et présider le conseil de surveillance d’un groupe de casinos? Non. C’est pourtant ce que fait son homologue français, Alain de Pouzilhac, actuel président de l’Audiovisuel extérieur de la France, la structure publique qui coiffe les chaînes France 24 et TV5 Monde ainsi que la radio RFI. Au moment où les salariés de la holding publique s'inquiètent de plans sociaux et de l'autoritarisme du duo Christine Ockrent/Alain de Pouzilhac, ce dernier nie tout conflit d'intérêts.
Alors que le CSA célébrait, mardi soir, son vingtième anniversaire autour de quelque 1.500 invités et du chef de l'Etat, dans l'arrondissement voisin, les députés ont adopté la réforme de l'audiovisuel public, qui entérine notamment la nomination du président de France Télévisions par le président de la République. De nouveau, le PS a très vivement dénoncé cette réforme tandis que les parlementaires proches de Dominique de Villepin critiquaient ouvertement Nicolas Sarkozy.
Plus de 1.500 personnes ont participé, vendredi soir au Théâtre du Châtelet, à une réunion organisée par l'Appel des Six sur la liberté de l'information et le pluralisme de la presse. Animée par Guy Bedos et Frédéric Bonnaud, cette soirée a permis de mettre au centre ce qui est un enjeu pour tous les citoyens: celui d'une presse pluraliste. Compte-rendu (dessin de Charb-Charlie Hebdo).
Les parlementaires de gauche s'apprêtent à saisir le Conseil constitutionnel, pour qu'il censure l'article du projet de loi sur l'audiovisuel public qui prévoit la nomination par le chef de l'Etat du patron de France Télévisions. Au nom de l'indépendance des médias. Pas gagné. Mais pas perdu non plus, d'autant que Jacques Chirac et Jean-Louis Debré assurent qu'ils examineront ce texte avec «attention» et «gourmandise». Traité il y a peu de «rois fainéants» par l'Elysée, choisiront-ils de censurer le Président?
Alors que les sénateurs ont entamé mercredi l'examen du texte sur l'audiovisuel public, le gouvernement a été chahuté, jusque dans ses rangs. Les socialistes ont quitté l'hémicycle pour protester contre la suppression déjà effective de la publicité. Et les centristes, sans qui l'UMP n'atteint pas la majorité, ont brandi leur principale revendication: une hausse significative de la redevance.
C'est finalement Patrick de Carolis (photo), le PDG de France Télévisions, qui a pris la responsabilité de supprimer la publicité (après 20h) sur la télé publique, dès le 5 janvier. Mardi 16 décembre, son conseil d'administration a voté une résolution en ce sens, par 9 voix pour et 2 contre. En passant par ce biais, l'exécutif a court-circuité le Sénat et piétiné ses promesses estivales de renforcement du Parlement. Les sénateurs discuteront ainsi de mesures déjà entrées en application! De son côté, l'Assemblée nationale a bouclé l'examen de la réforme de l'audiovisuel dans la nuit de mardi, vers 2h30 du matin.
Depuis sa création, Mediapart tire le signal d'alarme sur la crise profonde qui touche l'ensemble des systèmes d'information. La presse quotidienne nationale est à l'agonie; l'audiovisuel est déstabilisé par une réforme voulue par l'Elysée et qui veut faire de la télévision publique une télévision d'Etat. Crise éditoriale, publicitaire, industrielle, crise d'indépendance avec le poids grandissant de quelques oligarques liés au pouvoir: redécouvrez nos principales enquêtes classées en cinq rubriques.
Mediapart et RSF vous invitent au théâtre du Rond-Point, lundi 15 décembre, pour un débat public sur la liberté, l'indépendance et le pluralisme de la presse. François Bayrou (MoDem), Benoît Hamon (PS), Hervé Mariton (UMP), Daniel Bensaïd (LCR), Patrick Braouezec (PCF) et Noël Mamère (Les Verts) ont répondu à notre invitation. Ce débat sera introduit par Pierre Rosanvallon.
Mercredi 3 décembre, les députés de gauche ont mené une guérilla parlementaire pour retarder l'examen du projet de loi sur l'audiovisuel public. Agacé, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, a menacé: «Le gouvernement va faire preuve, dans les 48 heures, d'une capacité d'imagination qui fera l'émerveillement de l'opposition...» Une manière de faire pression, en évoquant implicitement le 49.3, une procédure qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans débat.
A la suite de plusieurs "unes" du journal jugées trop sarkozystes, la société des rédacteurs du "JDD" avait saisi la direction du groupe Lagardère, propriétaire du titre, pour s'inquiéter de cette «partialité». La direction de la rédaction a répondu dimanche 30 novembre: trois interviews de ministres (Hervé Morin, Christine Albanel et Valérie Pécresse), un entretien avec Bernard Tapie, le portrait pleine page de Patricia Barbizet, la nouvelle patronne du fonds souverain créé par le chef de l'Etat, avec un encadré pour un autre ministre (Jean-Louis Borloo). Un numéro d'anthologie.