Un élan de solidarité s’est mis en place pour venir en aide aux victimes des attaques du mouvement islamiste. Dans le même temps, malgré les critiques visant Benyamin Nétanyahou, les Israéliens affichent un soutien presque sans faille à la déclaration de guerre du premier ministre.
Les attaques du mouvement islamiste Hamas ont suscité une vague de condamnation des pays occidentaux. Mais, dans le reste du monde, les attitudes varient, de la neutralité aux appels à la désescalade, en passant par un soutien total aux Palestiniens.
Au sixième jour du conflit, le chef d’état-major de l’armée israélienne s’est exprimé pour la première fois depuis l’attaque de samedi. « Nous ferons tout pour que les otages rentrent chez eux », a-t-il déclaré. En France, le ministre de l’intérieur interdit toute manifestation propalestinienne et le parquet antiterroriste ouvre une enquête sur les treize victimes françaises.
Vice-président de l’ONG internationale Médecins du monde, Jean-François Corty alerte sur la situation catastrophique dans la bande de Gaza. L’enclave est assiégée et bombardée par l’armée israélienne dans le cadre de l’opération « Glaive de fer » lancée samedi 7 octobre.
À proximité de la barrière de séparation avec l’enclave palestinienne, des dizaines de milliers de soldats sont massés. L’armée annonce avoir repris le contrôle total de son territoire après l’attaque surprise du Hamas samedi 7 octobre.
L’appareil sécuritaire israélien, réputé efficace, a échoué à prévenir et à contrer rapidement les assauts du Hamas. Une faillite due à une confiance démesurée dans le tout-technologique, mais également à de graves erreurs d’analyse concernant les motivations et les capacités du mouvement islamiste.
Où étaient les soldats pendant que des centaines d’Israéliens étaient massacrés près de Gaza ? En Cisjordanie, pour protéger les colons qui constituent le cœur de l’électorat et de la coalition gouvernementale du premier ministre israélien. Lorsque l’union nationale imposée par la guerre sera finie, cette réalité risque de coûter très cher à Nétanyahou.
Xavier Guignard, membre du centre de recherche indépendant Noria, spécialiste de la Palestine, analyse les ressorts du retour de la question palestinienne après les attaques du Hamas. Il récuse l’idée d’une guerre des civilisations mise en avant par Benyamin Nétanyahou.
Quatre jours après l’attaque surprise du Hamas, le bilan des victimes israéliennes dépasse désormais le millier de morts, et des centaines de corps n’ont toujours pas été identifiés formellement. Les autorités israéliennes ne donnent aucune indication précise sur le nombre d’otages détenus à Gaza.
Au cinquième jour du conflit, le parti du premier ministre israélien et le parti d’opposition de Benny Gantz sont parvenus à un accord de gouvernement. À Gaza, la seule centrale électrique a dû s’arrêter, à court de carburant.
Des massacres dans deux kibboutz, proches de Gaza, suscitent l’effroi. Le bilan des attaques du Hamas y serait d’au moins 200 morts. « C’est quelque chose qui ressemble plus à un pogrom de l’époque de nos grands-parents », a déclaré un responsable de l’armée israélienne.
Alors que plusieurs journaux affirment que Téhéran a participé à l’organisation de l’offensive du Hamas contre Israël, le régime se défend de toute intervention, tout en soutenant la lutte des Palestiniens. Un positionnement équivoque dont la République islamique espère tirer profit.
L’attaque terroriste du Hamas en Israël, inédite, est un choc, un tournant aux conséquences incalculables. Une édition spéciale de « À l’air libre », l’émission en accès libre de Mediapart.
Plus d’une centaine d’otages israéliens sont aux mains du Hamas. La majorité sont des civils, des femmes, des enfants, dont certains en bas âge, des personnes âgées.
Plus de 20 000 personnes, selon les manifestants, ont participé à la manifestation organisée à Paris à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). « La France est un autre pays ayant vécu dans sa chair le terrorisme et donc capable de comprendre la douleur qui frappe Israël », a affirmé son président, Yonathan Arfi.
Au quatrième jour du conflit, l’armée israélienne a multiplié les raids aériens sur l’enclave. Des roquettes et des tirs de mortiers ont ciblé le nord du pays et le plateau du Golan. De nouveaux bilans font état de plus de 1 000 morts côté israélien, dont huit Français, et 900 côté palestinien.