Pour Alain Gresh, spécialiste du Proche-Orient, la France s’est alignée, depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, sur les positions américaines. Une politique reprise par Emmanuel Macron, qui effectue mardi et mercredi une visite en Israël. Entretien.
Joe Biden et d’autres dirigeants occidentaux se sont rendus en Israël après les attaques terroristes du Hamas. Si leur soutien est accompagné d’une mise en garde sur le respect du droit international, ils sont critiqués par le reste du monde pour le « deux poids, deux mesures » appliqué à leur politique au Moyen-Orient, notamment comparée à la stratégie ukrainienne.
Plus de 5 000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début du conflit, selon le dernier bilan du Hamas. Emmanuel Macron sera mardi à Jerusalem pour exprimer une « solidarité à Israël » et construire un « nouveau consensus international ».
Si le conflit israélo-palestinien enflamme le monde, c’est parce qu’il porte une question morale universelle : celle de l’égalité des droits. Que la légitimité internationale d’Israël s’accompagne de la négation des droits des Palestiniens n’a cessé de précipiter ce sommeil de la raison qui engendre des monstres. Seule cette lucidité politique est à même de défier la catastrophe en cours.
Depuis le début de la guerre, des milliers de Gazaouis travaillant en Israël sont réfugiés en Cisjordanie. Une longue attente ponctuée par l’inquiétude pour leurs familles restées à Gaza et la peur d’être arrêtés par l’armée israélienne.
Les murs de la prison de Burj, près de Raqqa en Syrie, se souviennent de ceux qui y sont passés, inscrivant leurs pensées, leurs rêves ou leurs prières sur les parois. Un cauchemar dont témoignent d’anciens prisonniers, et les images du photographe Muaz al-Nasser recueillies par Mediapart.
Israël veut intensifier ses frappes sur Gaza et a accusé dimanche le Hezbollah libanais de jouer « un jeu très dangereux ». La Cisjordanie a aussi été touchée. Les États-Unis ont annoncé des renforts militaires dans la région. La situation risque de devenir « incontrôlable », prévient Téhéran.
En Israël et dans les territoires palestiniens, les accusations de crimes de guerre se multiplient. L’intensité des frappes et la densité extrême de la population civile vivant dans la bande de Gaza peuvent rendre difficiles la qualification, et même l’attribution des faits.
Alors que les affrontements entre le Hezbollah et Israël s’intensifient à la frontière, les villages du sud du Liban se préparent à l’éventualité d’une guerre. Reportage.
Un raid de l’armée israélienne visant à arrêter des membres du Hamas a fait 13 morts dont une majorité de jeunes et d’enfants dans le camp de réfugiés de Nour Shams. Une colère de cette jeunesse envers l’occupant de moins en moins dissimulée.
Le terminal de Rafah a été ouvert côté égyptien et quelques camions ont pu entrer dans la bande de Gaza sous blocus israélien. Un sommet pour la paix a lieu au Caire, sans grande chance d’aboutir.
Dans l’enclave palestinienne, les journalistes sont en première ligne et se mettent en danger pour informer. Les autorités israéliennes, de leur côté, font tout pour que les images ne sortent pas.
Le Hamas affirme avoir agi à la suite d’« une médiation du Qatar ». Israël a indiqué accepter l’entrée d’une aide strictement humanitaire dans l’enclave palestinienne, mais n’a pour l’heure pas répondu à la demande de laisser entrer aussi du carburant pour les générateurs d’hôpitaux ou pour les stations de désalinisation et les boulangeries.
Depuis le 7 octobre et l’attaque du Hamas sur le sol israélien, les deux belligérants tentent d’imposer leur vision du conflit à coups de clips de propagande et de manipulations de l’information. Une guerre de communication qui s’immisce partout, jusque dans les jeux vidéo.
« Terrorisme », « crimes de guerre », « nettoyage ethnique », « apartheid ». Quels mots utiliser pour décrire la guerre Israël-Hamas, point culminant d’un conflit qui dure depuis des décennies ? « À l’air libre » reçoit le sociologue Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales.
Il aura fallu une semaine au camp pro-palestinien pour déboucher sur un appel unitaire à manifester jeudi soir – malgré une interdiction finalement suspendue – et dimanche. Une mobilisation tardive, compliquée par l’offensive tous azimuts de Gérald Darmanin.