Les guerres du XXe siècle traversent bien des récits de cette rentrée littéraire. Une nécessité s’impose visiblement à la littérature aujourd’hui : batailler avec l’Histoire, et pas n’importe laquelle, celle des violences. Bref tour d’horizon de la rentrée, en quelques livres français et étrangers.
Le dernier roman de l’écrivaine américaine Gertrude Stein, Mrs Reynolds, évoque les premières années de la Seconde Guerre mondiale. Il est publié pour la première fois en français.
Moronga, le nouveau roman de l’écrivain salvadorien Horacio Castellanos Moya, est une intrigue criminelle à tiroirs : la violence qui hante et rattrape les personnages de fiction croise une histoire de meurtre bien réelle, et toujours pas résolue.
Le nouveau roman de François Bégaudeau peut bien s’appeler « En guerre », il raconte qu’il ne sert à rien de lutter – ça ne sert qu’à faire de la littérature.
Le premier roman de Lisa Halliday s’inspire de sa liaison avec l’écrivain Philip Roth. Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut le lire : il faut le lire parce que c’est un très bon livre qui cache son jeu.
Dans son dernier ouvrage, le philosophe Jacques Rancière repose les conditions d’une politique pour le temps présent qui puisse échapper autant à la « gestion experte du présent », à « l’optimisme officiel », au « catastrophisme ambiant » qu’au grand récit de la « nécessité historique ». Entretien.
Le traducteur est un homme de l’ombre : vous voulez savoir à quoi il ressemble ? Lisez Portrait du traducteur en escroc, et vous n’aurez que trop de réponses.
Vous êtes las des commémorations de Mai 68, qui veulent couler un printemps dans un massif monument national ? Lisez un roman japonais de 1966 : vous sentirez siffler la brise de la révolte. Devant mes yeux, le désert, de Shuji Terayama, est réédité chez Inculte, tandis que le festival Côté Court consacre une rétrospective à cet écrivain, qui est aussi un homme de théâtre et de cinéma.
Un pavé dans ce mois de mai : Un œil en moins de Nathalie Quintane regarde le monde de face. On n’y trouvera pas de réconfort, mais un peu de réel, et d’allant.
Avec Qui a tué mon père, Édouard Louis reprend le récit intime de son passé pour accuser les politiques d’aujourd'hui. Troisième temps d’un récit entamé en 2014, et retour à ce que ce père lui-même a subi.
Philippe Lançon est l’un des rares survivants de l’attentat contre Charlie Hebdo. Le Lambeau (Gallimard) raconte son histoire, l’histoire d’un homme qui survit par les livres. Il s'est vu décerné, le 5 novembre 2018, le prix Femina.
Dans la foulée du mouvement #MeToo, paraît ce printemps une effervescence de romans dévolus au « female power » . Ces livres militent pour arracher les femmes à leur statut minoritaire, mais ils empruntent les voies balisées des fictions majoritaires.
Tous ses billets de blogs
Le Club de Mediapart
Participez au débat
Les journalistes de Mediapart utilisent aussi leurs blogs, et participent en leurs noms à cet espace de débats, en y confiant coulisses d’enquêtes ou de reportage, doutes ou réactions personnelles à l’actualité.
Les nouvelles Antigones mêlent création musicale et écriture, en proposant des rencontres et des ateliers avec des poétesses et blogueuses de plusieurs pays de la Méditerranée et du Moyen-Orient dont l’Égypte, la Syrie ou la Tunisie.