L'Etat vu par Pierre Bourdieu

Par
Jeudi 5 janvier est publié le cours de Pierre Bourdieu au Collège de France consacré à l'Etat, «le nom que nous donnons aux principes cachés, invisibles (...) de l'ordre social». Une pensée et une parole en mouvement qui s'attaquent à l'immense question de la nature, du rôle et des fonctions de cette «fiction collective » qu'est l'État. Troisième et dernier volet de notre enquête sur l'usage et la réception du sociologue, dix ans après.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«Quand je vous lis, je ne comprends rien ; quand je vous écoute, je comprends tout.» Bourdieu s'amusait souvent de cette remarque d'un des auditeurs de ses cours au Collège de France. Quatre de ses anciens très proches collaborateurs (Patrick Champagne, Rémi Lenoir, Franck Poupeau et Marie-Christine Rivière) l'avaient sans doute en tête en entreprenant d'éditer ses cours et séminaires, dont le premier volume, Sur l'État, sort ce jeudi 5 janvier. A lire ces vingt-trois cours étalés sur trois sessions entre janvier 1990 et décembre 1991, on découvre un Bourdieu poursuivant ses recherches en même temps qu'il enseigne, explorant, digressant, testant, suggérant des pistes, et même de véritables programmes de recherche, à coups de «je me garderais bien de faire cette hypothèse, mais maintenant que je l'ai faite, faites-en ce que vous voulez» et de «je suis constamment malheureux. J'espère que je ne dis rien de faux. J'espère et puis, après tout, vous corrigerez. Ceux qui ne savent pas sont mis en garde.»