«Du chaos naissent les étoiles», écrivait Charlie Chaplin. Elles ont fait long feu dans les peintures de Cleon Peterson, artiste de 38 ans vivant à Los Angeles. Dans cet eldorado pictural sanglant, la Justice (représentée par une statue) s'est fait décapiter au milieu d'une forêt, des hommes se font pendre et d'autres distribuent des coups de couteaux, égorgent, cassent, cambriolent, dépouillent et violent sauvagement les femmes égarées. Quant aux flics, s'ils font acte de présence, c'est pour mieux participer à ce ballet épique d'ultraviolence gratuite et de gang-bangs non consentants.
«Dans mon travail j'essaie de briser les frontières, de lutter contre ce dualisme qui voit le monde séparé entre le Bien et le Mal, la folie et la raison, la loi et les criminels. J'essaie simplement d'observer où va le monde.» Les titres de ses œuvres nous donnent un indice: «We become what we are» pour une toile mettant en scène une série d'agressions sexuelles et physiques, à coups de barres en fer.