Edith Thomas (1), lumineuse sœur de l’ombre de Simone de Beauvoir

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Femme engagée, tour à tour romancière et journaliste, poète et historienne, diariste et dramaturge, Édith Thomas est, parmi les figures d’écrivaines françaises d’avant la révolution féministe post-68, la seule à être tombée dans un oubli à peu près total. Premier article d’une série de trois consacrés à cette écrivaine en son temps adoubée par Paul Nizan et Jean-Paul Sartre.

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Elsa Triolet avait son Aragon, Simone son Jean-Paul, Duras eut son Robert Antelme et Colette n'aurait pu se lancer sans son Willy. Édith Thomas, elle, n'eut toute sa vie durant qu'elle-même. Pas d'appuis masculins, pas de protecteur, pas de couple plus ou moins mythifié sur lequel s'appuyer. Est-ce un hasard si, de ces quelques emblématiques figures de femmes écrivains françaises d'avant la révolution féministe des années post-68, Édith Thomas soit la seule à être tombée dans un oubli à peu près total ? Quelques signes, encore ténus, indiquent qu'elle commence à en sortir. Cette série de trois articles nous offre l'occasion de redécouvrir cette femme engagée, tour à tour romancière et journaliste, poète et historienne, diariste et dramaturge qui, si elle n'écrivait pas (toujours) très bien, pensait en revanche (presque toujours) très juste, et avec une intégrité et une franchise rares en un XXe siècle qui connut tant de louvoiements politiques.