Paris en silence

Dans le XIe arrondissement meurtri, on se marie, on donne son sang, on se recueille devant le Bataclan. Place de la République, la police demande aux passants de se disperser. Les métros sont vides. À Saint-Denis, on redoute que les musulmans ne paient cher ce vendredi si funeste. C'est Paris, le jour d'après.

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Criblée à l'arme de guerre, voici la capitale étripée, hagarde en ce samedi 14 novembre. Le vendredi à Paris, c'est le soir où tout est permis. La parenthèse enchantée, celle de l'alcool joyeux, les potes qu'on retrouve en terrasse pour fêter la fin de la semaine, surtout si la nuit est douce. Ce vendredi, la soirée était belle. Il y avait du foot, des concerts, des soirées partout. La folie djihadiste a fait basculer la fête dans l'horreur absolue. Après la nuit la plus longue, Paris se réveille désert comme jamais. Le métro a rouvert samedi à 12 h 30, mais les rames depuis sont vides, comme au petit matin blême, et encore en fin de journée. Les vitrines des grands magasins, déjà décorées pour Noël, scintillent bêtement, sans spectateurs. Tour Eiffel, musée d'Orsay, Lido, Drouot, etc. : des dizaines de lieux publics et culturels, les cinémas et les théâtres gardent porte close. Sur les sept lieux de l'horreur, les Parisiens se sont recueillis avec des fleurs, une bougie, un mot, dans un silence de tombe.