Ecoutes : depuis Snowden, les silences gênés du pouvoir français

La France est espionnée par la NSA. Elle le sait, mais s’en est rarement émue. Normal : elle est insérée dans un vaste réseau d’échange d’informations entre services de renseignement. Et surveille volontiers ses « amis ».

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Trois chefs d’État français, dont l’actuel président de la République, ont été écoutés par l’agence du renseignement américaine, la NSA. Un au moins, Nicolas Sarkozy, l’a été sur son téléphone portable. Les révélations de Mediapart et Libération, en collaboration avec WikiLeaks, vont déclencher une avalanche de réactions indignées. Pourtant, face à ces informations, les officiels français risquent de se montrer très mesurés, à la veille du vote solennel de la loi renseignement le 24 juin. La France sait pertinemment que ses plus haut représentants, politiques et hauts fonctionnaires, sont écoutés par l’agence américaine. Mais elle n’a jamais vraiment protesté, pour la simple raison qu’elle collabore avec le renseignement américain et espionne elle aussi tous azimuts, y compris les puissances « amies ».