Beyrouth (Liban), de nos envoyés spéciaux.- « Je n’avais jamais pensé quitter Alep. C’est Alep qui m’a quittée. » Zena Sabbagh a fui la Syrie en guerre en 2012. Direction le Liban voisin. « Je suis née contre le régime. Je peux pas la boucler. Mes amis ont fini par me convaincre de partir. » Pendant trois ans, cette plasticienne continue de faire des allers-retours entre Beyrouth et sa ville natale, notamment pour lancer un projet de préservation d’une tradition alépine d’impression sur tissus. Un atelier est monté avec des femmes réfugiées, mais aussi des Libanaises en difficulté. C’est l’association « Ninurta », qui soutient d’autres projets d’artisanat en Syrie. Les tampons sont fabriqués par le dernier artisan d’Alep à posséder le savoir-faire, Mohamed. Depuis juin 2015, Zena ne retourne plus à Alep. Trop risqué. Son amie d’enfance est toujours là-bas. « Nous nous parlons tous les jours. Qui paye pour cette guerre, sinon les civils obligés de rester sur place ? »