Le jour où Nicolas Sarkozy arrivait à Camp David pour plaider la cause d'un nouvel ordre financier mondial confiant un rôle élargi au Fonds monétaire international (FMI), son directeur général français Dominique Strauss-Kahn est mis en cause par des révélations du Wall Street Journal. Samedi 18 octobre, le hasard a mal fait les choses. A moins que ce ne soit pas le hasard.
Même si George W. Bush exerce ses prérogatives présidentielles jusqu'au 20 janvier 2009, son impopularité manifeste et le processus de passation de pouvoir à John McCain ou Barack Obama, déjà entamé, empêchent Washington de gérer le crise actuelle de manière convaincante.
Toujours pressé, Nicolas Sarkozy se rend ce week-end à Camp David, flanqué du président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, pour convaincre le président américain George W. Bush d'accepter la convocation d'un «sommet mondial» sur la reconstruction du système financier international. Champion de l'unilatéralisme américain, canard boiteux à l'impopularité abyssale, présidant une administration finissante qui a géré la crise financière «made in America» avec maladresse, Bush est le mauvais interlocuteur. Et il n'est pas certain que l'objectif lui-même ait été bien réfléchi. Le président en exercice de l'Union européenne confond vitesse et précipitation.
Le président de la République a déposé plainte, jeudi, contre l'ancien patron des Renseignements généraux, Yves Bertrand, pour «atteinte à l'intimité de la vie privée» et «dénonciation calomnieuse» après la publication des carnets de notes du policier dans la presse. Après l'affaire du SMS, des t-shirts parodiques ou de la pub Ryanair, c'est la quatrième fois que Nicolas Sarkozy dépose plainte dans un dossier le concernant. Il rompt ainsi avec plus de trente années de silence élyséen sur le terrain judiciaire.
Après les sifflets qui ont accueilli La Marseillaise, jouée en ouverture du match amical France-Tunisie (3-1), mardi 14 octobre, au Stade de France, le gouvernement et la classe politique ont manifesté leur indignation. Réponse officielle au problème posé par cette nouvelle manifestation d'hostilité à un des symboles forts de la République: la répression. On sait pourtant que le phénomène révèle une vérité complexe, un problème grave, nécessitant des solutions sérieuses. L'occasion d'inventer une réponse politique et d'échapper pour une fois à la tentation de faire de la politique comme on fait du commerce. Lire aussi:Impressions du StadeDans le Club, le billet de Fabien Jobard et celui de Stéphane Lavignotte
Un sondage, deux ministres dans un centre commercial, un député qui encourage à faire du «lobbying» et un Nicolas Sarkozy qui a fait du travail dominical une croisade personnelle... Le bulldozer est lancé. Lire aussi:Jean-Frédéric Poisson (UMP) : «Pourquoi je voterai non au travail le dimanche»
Le dernier débat de la campagne présidentielle américaine a vu le candidat républicain au mieux de sa forme politique. Mais il n'a pas réussi à trouver la faille dans l'armure de Barack Obama qui, selon les premières réactions et sondages à chaud, sort vainqueur de l'affrontement à trois semaines de l'élection. Lire aussi notre enquête plurimédias:Bush, Obama, McCain: à quoi rêve le Kansas?
Quand les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites, avait dit Georges Pompidou. La crise financière contraint les gouvernements qui s'affichaient comme «libéraux» à entrer au capital de grandes institutions financières. Attention: danger. Mais il y a des précédents, plus poussés encore même comme à Hong Kong en 1998, qui donnent la bonne marche à suivre.
Afin de rassurer les marchés et de rouvrir le robinet des prêts entre banques, le gouvernement français a annoncé, lundi 13 octobre, 320 milliards d’euros de garanties d’Etat et une enveloppe de 40 milliards pour d’éventuelles recapitalisations de banque menacées de faillite. A quoi correspondent ces sommes? Seront-elles payées par le contribuable? Explications.Lire aussi:Nicolas Sarkozy et les Européens cassent la tirelireLa Grande-Bretagne inaugure la nationalisation des banquesJacques Delors: comment l'Europe doit affronter la crise
Le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, continue à décrocher dans les sondages à trois semaines du scrutin. Une campagne incohérente et mal gérée mais surtout un silence assourdissant sur les solutions à apporter à la crise financière expliquent ce retard sur Barack Obama, qui inquiète les conservateurs.