Entretiens

  • A Avignon, l’argentin Federico Leon décortique les mécanismes de la mémoire

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    Le 61e festival d'Avignon, qui s'est ouvert mardi 7 juillet, fait la part belle à de prestigieux cinéastes, d'Amos Gitaï (avec Jeanne Moreau, en ouverture) à Christophe Honoré. Porosité entre les disciplines, confirmée par la présence, plus discrète mais tout aussi précieuse, de l'argentin Federico Leon, lui aussi auteur de pièces et de films. Sa nouvelle création, Yo en el futuro [Moi dans le futur], décortique les mécanismes de la mémoire familiale. Elle sera l'un des tours de force d'Avignon. Entretien.
  • Après la TVA, la TCA, une taxe sur le carbone ajouté ?

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    Et si au lieu de créer une «contribution climat énergie» sur les carburants et les différentes factures énergétiques, la France créait une taxe écologique imposée à tous les biens de consommation ? Une taxe sur le carbone ajouté, sur le modèle de la TVA ? En plein débat national sur la fiscalité écologique, c'est la proposition faite par deux économistes de l'OFCE, Eloi Laurent et Jacques Le Cacheux, lequel observatoire a été récusé par Matignon pour participer à la commission d'experts. Entretien.
  • Affaire Karachi: «Je suis pris dans une affaire d'Etat», nous déclare Claude Thévenet

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    En exclusivité, l'un des hommes-clés de «l'affaire de Karachi» s'exprime pour la première fois. Ancien agent de la DST, Claude Thévenet est l'auteur des rapports «Nautilus» révélant que l'attentat de mai 2002 contre des employés de la DCN à Karachi pourrait avoir eu pour cause le blocage de commissions, sur fond de guerre Chirac/Balladur. Il en dit plus sur ses sources, dont il assure qu'elles sont «fiables», et maintient que la thèse avancée par lui dès septembre 2002 est crédible. Elle serait d'ailleurs partagée par le juge Trévidic, qui l'a entendu comme témoin : «M. Trévidic m'a laissé entendre que je ne me trompais probablement pas lorsque j'évoquais la piste des rétro-commissions, et qu'il détenait d'autres éléments allant dans ce sens
  • Les vérités journalistiques pas si virtuelles de Josh Cohen

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    Who are you, Josh Cohen? © Mediapart

    Josh Cohen n'a pas 40 ans et dirige le plus vaste service d'information du monde, émettant dans une soixantaine de pays en vingt-six langues. Un journal sans journaliste et où le rédacteur en chef est un algorithme: Google News. A l'occasion de son passage en France, Mediapart l'a rencontré et fait parler des reproches que lui adressent une vieille presse moribonde et une nouvelle pas encore viable.

  • Hénin-Beaumont, haut lieu de discriminations anti-maghrébines

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    Alors que Hénin-Beaumont peut tomber aux mains du Front national dimanche 5 juillet, Mediapart revient sur un rapport rédigé en 2005 sur les discriminations raciales dans l'agglomération d'Hénin-Carvin avec un de ses auteurs. Plus touchés par le chômage et la précarisation, peu représentés politiquement dans les exécutifs municipaux, les immigrés marocains et algériens de la première et deuxième génération sont aujourd'hui méprisés. Soit par paralysie en raison de la montée du FN, soit par adhésion implicite aux stéréotypes véhiculés. Entretien audio avec le sociologue Renaud Epstein.

  • Taxe carbone: au fait, comment calculer la valeur du CO2?

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    C'est la question qui fâche, un calcul qui pourrait peser très lourd dans l'économie mondiale ces prochaines années. Le principe apparaît simple comme une équation économique de base: le prix du CO2 doit être égal à la valeur monétaire des dommages que cette tonne de carbone va générer. C'est là que les choses se compliquent. Entretien avec Christian Gollier, économiste à l'université de Toulouse-1, et membre de la commission d'experts sur la taxe carbone qui achève ses consultations vendredi 3 juillet.
  • Au Québec, un «commissaire au lobbyisme» fait la police

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    Au Québec, André C. Côté occupe un poste dont les Français ne soupçonnent même pas l’existence: «commissaire au lobbyisme». Son rôle: surveiller les «influenceurs» qui s’affairent auprès des élus, et sanctionner ceux qui enfreignent la réglementation, l'une des plus strictes au monde. L'idée: reconnaître la légitimité de ces activités, pour mieux tenter de les encadrer. Si nombre de députés français vantent en coulisse ce «modèle», le Palais-Bourbon vient pourtant de renoncer à l'importer. Mediapart a interrogé ce «commissaire» d'une drôle d'espèce (autorité indépendante nommée par l'Assemblée nationale québécoise), dont le récit souligne le retard hexagonal.

  • «Les critères de Maastricht sont suspendus mais pas abolis»

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    Dix ans d’âge, et plus fragile que jamais: la zone euro, en pleine récession, est au cœur de toutes les inquiétudes. Quel avenir pour les critères de Maastricht? Peut-on imaginer des mécanismes de solidarité en Europe pour soulager la dette de certains pays? A quoi joue l’Allemagne? Eléments de réponse avec l’économiste allemand Stefan Collignon, longtemps professeur d’économie européenne à la London School of Economics, et fervent militant de l'union monétaire sur le continent.
  • Amartya Sen, un Nobel humaniste face à la crise

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    Deux ans exactement après l'éclatement de la crise des «subprime», où en est-on ? Que faire face aux urgences économique, alimentaire, sociale et climatique ? Pour trouver des réponses à ces questions compliquées, Mediapart s'est entretenu avec Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998 et penseur pionnier des questions de développement. L'auteur d'Ethique et économie, professeur à Harvard et Cambridge, milite pour un retour en force de l'Etat, propose des alternatives au G-20, applaudit aux premiers pas d'Obama et prend ses distances théoriques avec Keynes. «Le monde, de plus en plus interdépendant, s'est tellement rétréci qu'il nous faut tous désormais penser à l'échelle de la planète», prévient Sen.
  • Mohsen Makhmalbaf : «Même Moussavi ne peut arrêter la marche des Iraniens»

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    Le cinéaste iranien, qui fait office de porte-parole international du candidat prétendument vaincu Mir Hossein Moussavi, en appelle aux gouvernements étrangers pour qu'ils ne reconnaissent pas la victoire d'Ahmadinejad. Il se dit convaincu que plus rien ne sera comme avant en Iran, et n'exclut pas la possibilité de bains de sang.