Entretiens

  • Eric de Montgolfier : «Rachida Dati, c'est la justice au service de la politique»

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    Réforme de la procédure pénale, suppression du juge d'instruction, indépendance du parquet... Eric de Montgolfier, pour la première fois, s'exprime sur ces thèmes, en exclusivité pour Mediapart. L'iconoclaste magistrat n'est pas hostile à la suppression des juges d'instruction («pas aussi indépendants qu'ils le proclament», selon lui), mais souhaite en contrepartie offrir d'importantes prérogatives aux juges de l'enquête censés leur succéder. Le procureur de Nice, rendu célèbre par l'affaire VA-OM en 1993, puis par sa dénonciation des réseaux maçonniques à son arrivée sur la Côte d'Azur (en 1999), ne ménage pas la garde des Sceaux : «Mme Dati, c'est la justice au service de la politique», dit-il. Il révèle que la chancellerie lui refuse toute promotion. «C'est la preuve que l'indépendance a un prix», conclut M. de Montgolfier.
  • Corinne Lepage: «Il faut un MoDem ouvert, rénové»

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    François Bayrou a tiré, mardi soir, quelques ensei- gnements de sa défaite aux euro- péennes. Aux critiques de Corinne Lepage, qui l'accusait de «jouer trop perso», le président du MoDem a répondu en annonçant une réorganisation du parti. «Ultra-minoritaire», Corinne Lepage estime «avoir été entendue» sur les méthodes de travail et la place de l'écologie. Elle souhaite désormais «un MoDem rénové à [sa] sauce, rassembleur, démocratique, ouvert». Elle revient sur la «responsabilité» de François Bayrou dans cette défaite. Entretien.

  • François Rebsamen: «Le PS a tout fait à l'envers»

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    Proche de Ségolène Royal, François Rebsamen a un temps envisagé, la semaine dernière, de faire le trait d'union avec les amis de François Hollande, pour renverser Martine Aubry. Rentré dans le rang, il n'en est pas moins critique envers la campagne européenne. Avant le conseil national de mardi 9 juin, le sénateur et maire de Dijon (Côte-d'Or) appelle, dans un entretien à Mediapart, à «une analyse partagée de la défaite» et à plus de «collectif» au sein de la direction du parti.

  • François Rebsamen: «Quand on n’a pas de leader, pas de stratégie et pas d’organisation, il ne reste plus que le travail»

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    Proche de Ségolène Royal, François Rebsamen a un temps envisagé de faire le trait-d'union avec les amis de François Hollande pour renverser Martine Aubry de la direction du PS. Rentré dans le rang, il n'en est pas moins critique envers la campagne européenne d'un parti dont il fut le taulier, lors de l'ère Hollande. Le sénateur et maire de Dijon appelle à «une analyse partagée de la défaite» à laquelle serait associé les militants, et à plus de travail collectif au sein de la direction du parti.
  • Rémy Lefebvre: «La campagne d'Europe-Ecologie, c'était l'anti-PS»

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    Pour le politologue, seuls les retraités et les classes moyennes supérieures et intellectuelles se sont mobilisés pour ce scrutin européen, ce qui explique en partie le succès des écologistes, qui ont réussi à mobiliser un électorat autour d'une campagne de projet. Selon lui, les socialistes sont restés paralysés par leur dernier congrès, dont ils ont sous-estimé l'impact, au lieu de prendre des risques.
  • Jacques Généreux (Front de gauche) : «La gauche est en piteux état»

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    Jacques Généreux, tête de liste du Front de Gauche dans l'Ouest, revient sur le score (5,99%) de cette formation, assemblage du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, du PC et de minoritaires de l'ex-LCR. Professeur d'économie à Sciences-Po, il appelle à nouveau à l'unité avec le NPA en vue des régionales. Et se félicite du succès d'Europe-Ecologie.
  • Art Spiegelman : «Créer, c'est sculpter son vomi»

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    Depuis Maus, dont le premier tome est paru en 1987 en France, Art Spiegelman est devenu une référence du roman graphique. Au point d'éclipser presque le reste de son œuvre. A l'occasion d'une exposition consacrée à son travail, à Paris, Mediapart l'a rencontré pour un entretien, dans lequel il détaille le processus de création, ses moteurs et ses inspirations, où il revient sur l'Holocauste, le 11-Septembre, médite sur le livre et ses rapports avec internet, et nous donne sa vision de l'Amérique après l'élection de Barack Obama à la présidence.

    Propos recueillis par Dominique Bry et Vincent Truffy, traduction Dominique Bry.

  • Carolin Emcke, essayiste: «Le moteur franco-allemand est un objet qui n'a pas de sens»

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    Carolin Emcke est philosophe et grand reporter pour Die Zeit. Intellectuelle touche-à-tout, elle anime de nombreux débats culturels à Berlin. Dans l'entretien qu'elle nous a accordé, elle parle de sa vision de la France. Et du passé nazi, qui fait que, dans tous les pays musulmans qu'elle visite, elle passe d'emblée pour quelqu'un qui «déteste les Juifs».

  • «L'abstention ne profitera pas au Front national, il en sera victime»

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    Les élections européennes le montrent: le Front national reste un objet insaisissable pour les instituts de sondage. Un jour BVA le situe à plus de 8%, le lendemain la Sofres l'annonce à 4%. Alors, faut-il craindre une nouvelle percée surprise du parti de Jean-Marie Le Pen? Dans un entretien à Mediapart, Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS, en doute. «Le Front national est en déclin», assure-t-elle, affirmant que, pour la première fois, son électorat, désormais très ouvrier, sera touché par l'abstention.
  • Yasheng Huang: «La reprise chinoise est loin d’être acquise»

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    C'est la petite musique de ces derniers jours: la Chine est en train de reprendre du poil de la bête. Et pourrait bien, à elle seule, relancer l'économie mondiale. Pour tester cette hypothèse, Mediapart s'est entrenu avec Yasheng Huang, économiste au MIT, et auteur l'an dernier d'un livre très remarqué sur les mirages du capitalisme chinois. Il explique pourquoi il faut se méfier des statistiques sur la Chine. Et pourquoi la reprise n'est sans doute pas pour demain.