Les députés ont un privilège qui leur permet d'en garder beaucoup d'autres: ils légifèrent sur leur propre situation. Comme lundi, sur la transparence de leur patrimoine et de leurs revenus.
Six mois à peine après l'adoption de la loi sur la libéralisation des jeux, le gouvernement retouche déjà le texte. Par le biais d'un amendement illisible, il a décidé d'abaisser la fiscalité sur les paris hippiques, ce qui représente 100 millions de moins pour les finances publiques. Petite histoire d'un lobby si puissant en ces temps de rigueur.
Au mépris de la loi pénale et de la séparation des pouvoirs, Brice Hortefeux jette le discrédit sur la décision de justice qui vient de condamner les sept policiers ayant failli à leurs devoirs en Seine-Saint-Denis. Mais que fait le président de la République, garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire?
Selon Martine Aubry, il y aurait, avec DSK et Royal, une «candidature véritablement ensemble». Annonçait-elle une nouveauté institutionnelle susceptible de secouer la Ve République? Las, ce n'est encore qu'impréparation pour meubler l'incertitude.
Comment expliquer que les tarifs du gaz ont augmenté de 15% en 2010 alors que les cours mondiaux se sont effondrés? Se préoccupe-t-on seulement des intérêts des consommateurs ?
Le chef de l'Etat a tenté, une énième fois, de se «présidentialiser», lors de cette interminable interview télévisée. Au menu, servi aux Français: hauteur de vue et modestie.
Le remaniement qui vient, vaste opération de communication, en dit beaucoup sur ce qu'est réellement le sarkozysme et, notamment, son rapport à la démocratie. Il révèle également la sévérité de la crise qui affole la droite et les milieux d'affaires.
La volonté des députés de s'attaquer dès 2010 aux dérives des finances publiques semblent avoir disparu. Pourtant, la situation financière ne cesse de s'aggraver. La perspective de voir la dette publique dépasser les 100% du PIB se profile. Face au péril, le gouvernement pratique le bricolage.
Jean-Louis Borloo annonce vouloir organiser un « Grenelle de la fiscalité ». Drôle de proposition alors que le fiasco de la taxe carbone est le plus gros échec du new deal écologique promis par le gouvernement.
Nicolas Sarkozy n'est pas «concerné» par les vols et cambriolages qui ont visé plusieurs journalistes et médias en pointe sur l'affaire Bettencourt. Il devrait pourtant l'être quand les indices s'accumulent sur les méthodes d'un pouvoir aux abois prêt à utiliser les pires ressources de l'Etat ou à dévoyer ses services pour se sauver.