La justice raciale, le féminisme et les droits LGBT+ sont de plus en plus mobilisés par les géants pétroliers pour convaincre des bienfaits de leurs activités fossiles. Une pratique récente baptisée « wokewashing » et qui n’a qu’un seul objectif : retarder l’action climatique pour continuer à nous abreuver de pétrole.
Depuis fin 2020, TotalEnergies communique sur la livraison par cargo de gaz fossile entièrement neutre en carbone. Une vaste opération de « greenwashing » : le gaz provient d’un discret site d’extraction hyperpolluant et les mesures de compensation carbone mises en œuvre par la firme s’avèrent illusoires.
Le géant du commerce en ligne communique en grande pompe sur ses engagements climatiques à l’horizon 2040. Mais le bilan carbone publié chaque année par Amazon est largement sous-estimé. Les émissions de gaz à effet de serre du groupe sont en pleine explosion, entre autres à cause de son développement massif du très polluant fret aérien.
La société de capital-investissement, membre d’une coalition contre le changement climatique lancée par Emmanuel Macron, affiche un bilan carbone neutre. Et pour cause : il ne prend pas en compte ses actifs dans les énergies fossiles. Exemple avec l’une de ses compagnies pétrolières, implantée au Gabon, Assala Energy.
Les deux semaines de négociations dans le cadre la COP26 ont accouché d’un accord en deçà de l’urgence climatique. Les États riches, principaux émetteurs de gaz à effet de serre, ont refusé de soutenir financièrement les pays du Sud, premières victimes du dérèglement climatique.
Jeudi 11 novembre, une petite coalition de pays baptisée « Beyond Oil and Gas Alliance » s’est engagée à ne plus octroyer de permis d’exploration ou de production d’hydrocarbures. Un tournant dans l’histoire des COP qui, depuis trente ans, n’ont jamais débattu de la sortie du pétrole et du gaz.
À Glasgow, des femmes représentantes des peuples autochtones brésiliens arpentent les couloirs des négociations climatiques comme les manifestations. Mediapart est allé à leur rencontre alors que se discute à la COP26 la régulation des marchés du carbone, un mécanisme d’échange de droits d’émissions de CO2 qui impacte tout particulièrement les territoires autochtones.
Lors de la COP26, 100 pays se sont engagés à mettre fin à la déforestation et la dégradation des terres d’ici à 2030. L’Inde n’en fait pas partie. Pourtant, selon Global Forest Watch, 1 200 km2 de forêts primaires y ont disparu entre 2014 et 2018. Les programmes proposés par le gouvernement de Modi sont insuffisants.
Dans les couloirs de la COP26 comme dans les manifestations pour le climat, la France est la grande promotrice de l’énergie atomique à Glasgow. Pour défendre son industrie nucléaire, l’État français a été jusqu’à refuser de signer un accord sur l’arrêt du financement des énergies fossiles à l’étranger.
Une étude de l’ONG Global Witness révèle que 503 lobbyistes des énergies fossiles ont été accrédités à la COP26. Le nombre de représentants de TotalEnergies, Engie ou Shell est plus important que le total des délégations des huit pays les plus touchés par le changement climatique.
Dans la capitale, le rassemblement, auquel se sont joints les candidats Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, a tenté d’être une chambre d’écho pour dénoncer « l’hypocrisie » des dirigeants réunis à Glasgow pour la COP26.
Pourquoi militer pour le climat quand on a 24 ans et qu’on vit à Kampala, la capitale ougandaise ? Rencontre avec Vanessa Nakate, organisatrice de grèves : « La justice climatique, c’est défendre les communautés les plus touchées. »
Des milliers de personnes ont défilé à Glasgow vendredi 5 novembre pour dénoncer le « bla-bla » des dirigeants durant la COP26. Les grévistes des pays du Sud ont souligné la nécessité de justice raciale face à la crise.
Plus de quarante pays ont accepté, d’ici les décennies 2030 et 2040, de mettre fin au charbon, dont la combustion est la première contributrice du réchauffement global. Mais les principales économies dépendantes au minerai noir sont absentes de l’accord.
Mercredi 3 novembre à Glasgow, des centaines de militants d’Extinction Rebellion s’en sont pris aux sièges d'entreprises climaticides sponsorisant la COP26. Les activistes ont dénoncé leur « greenwashing », « une pratique qui nous précipite vers le chaos climatique ».
L’agriculture est responsable de 23 % des émissions de gaz à effet de serre. Parmi ceux-ci, près de la moitié des émissions de méthane lui revient. Les syndicats du secteur sont-ils prêts à réduire cette empreinte dans l’atmosphère ? Tour d’horizon.