Les deux jours de sommet des dirigeants mondiaux qui ont ouvert la COP26 ont abouti à un engagement international de plus de cent pays contre le méthane. Mais en donnant un blanc-seing à l’agro-industrie, cet accord demeure inefficace pour freiner le deuxième gaz contributeur du réchauffement global.
Officiellement, le monde financier est prêt à apporter tout son soutien à la lutte contre les dérèglements climatiques. En pratique, les actions peinent à suivre. Vertes à l’extérieur, les banques restent bien marron à l’intérieur.
Pour son discours inaugural à Glasgow, lundi, le président français a exhorté ses homologues à rehausser leurs ambitions climatiques. Mais la fuite d’un document européen, au même moment, vient rappeler que la France promeut activement le gaz fossile avec le soutien du nationaliste Viktor Orbán en Hongrie ou du gouvernement polonais pro-charbon, en contrepartie de leur appui pour relancer le nucléaire tricolore.
Alors qu’il communique abondamment sur sa « neutralité carbone », le groupe 100 % public émet chaque année plus de CO2 depuis 15 ans pour transporter courrier et colis. En cause : le tout-routier et aérien, soit les modes de transport les plus polluants pour le climat.
La COP26 de Glasgow est cruciale : il s’agit de décider de la feuille de route pour mettre en œuvre l’accord de Paris de 2015. Tout échec signerait « un aller simple vers le désastre », a alerté le secrétaire général de l’ONU.
RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, a dévoilé ses scénarios énergétiques permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050. La part belle est faite au nucléaire alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à annoncer la construction de nouveaux réacteurs.
Deux ouvrages, « Le Bien commun, le climat et le marché » de Benjamin Coriat et « L’Illusion de la finance verte » d’Alain Grandjean, membre du Haut Conseil pour le climat, et Julien Lefournier, financier, reviennent sur les illusions de nombreux économistes, persuadés que le marché et la finance peuvent être les moyens de lutter contre les dérèglements climatiques.
Un rapport de plusieurs ONG documente l’entrisme avancé du groupe dans l’appareil d’État, de l’Élysée aux cabinets ministériels, en passant par les structures publiques comme la Banque publique d’investissement ou l’Agence française de développement, comme nous l’explique Juliette Renaud, des Amis de la Terre. Entretien vidéo.
Dans le Grand Nord russe, le groupe s’apprête à lancer une gigantesque exploitation gazière, alors qu’un rapport interne, obtenu par Mediapart, pointe la dimension climaticide du gaz. Après qu’Emmanuel Macron a évoqué le possible abandon du soutien public, Total s’est lancé dans une opération de « greenwashing ».
Des archives inédites démontrent que Total a été alerté dès les années 1970 de l’impact climaticide de son activité. Elles dévoilent comment le groupe a déployé, en réaction, une stratégie pour insuffler le doute. Et saboté toute action politique en faveur du climat. Entretien avec Christophe Bonneuil, coauteur de cette enquête historique, publiée mercredi.
Dans une enquête historique, le philosophe explore les liens entre la sécularisation – la séparation du religieux et du politique en Europe –, la colonisation et le dérèglement climatique. Il décrit comment, au XIXe siècle, la racialisation de l’islam a conduit à l’extractivisme fossile dans les pays du Sud, et au réchauffement planétaire.
Ce jeudi 14 octobre, la justice a enjoint au gouvernement de réparer avant fin 2022 le préjudice écologique qu’il a causé à la suite de ses manquements en matière de lutte contre le réchauffement planétaire.
Ce 7 octobre, sept militants pour le climat étaient jugés par le tribunal judiciaire de Bobigny. Un an auparavant, ils avaient occupé, avec une centaine d’autres activistes, le tarmac de Roissy pour dénoncer le projet d’extension de l’aéroport. Un à trois mois de prison avec sursis ont été requis.
Sans jamais en parler publiquement, le président de la République a écrit à son homologue ougandais pour soutenir les projets de forages pétroliers de la multinationale en bordure d’un des plus grands lacs d’Afrique, ainsi que de méga-oléoducs. À Kampala, l’ambassade de France sert sans réserve le lobbying de Total.
Dans « À l’air libre » ce soir : notre invitée est la réalisatrice et autrice Amandine Gay, qui publie Une poupée en chocolat, récit entre autobiographie et essai qui interroge les enjeux de l’adoption transraciale.
Ce mardi 21 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, la Chine s’est engagée à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon à l’étranger. Un tournant symbolique pour le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre mais un bien maigre effort face au défi climatique.