Trois femmes font leur entrée au gouvernement de Léon Blum en 1936. Replongeons-nous dans l’époque : phobie des grèves et antisémitisme débridé à droite ; crainte d’un suffrage féminin sous influence cléricale à gauche. L’étau français dessert le féminisme.
Des sénateurs écologistes à Jean-Luc Mélenchon, plusieurs responsables de gauche ont mis sur la table des propositions concrètes pour changer le mode de scrutin qui attribue le pouvoir de gouverner la France. Il est temps que le débat s’engage à ce sujet.
Face à la nouvelle Assemblée élue, la classe politique semble comme une poule devant un couteau. Est-elle seule en faute, coupable de ses divisions et de sa médiocrité ? Ou la situation est-elle en elle-même inextricable ?
Qui de la macroniste Yaël Braun-Pivet, du communiste André Chassaigne, du centriste Charles de Courson ou de l’élu LR Philippe Juvin présidera l’Assemblée nationale dans les prochains mois ? Crucial à plus d’un titre, le scrutin de jeudi pourrait réserver son lot de surprises.
Pendant les législatives, le risque que l’extrême droite accède à Matignon est venu rappeler à quel point la solidité du Conseil constitutionnel est décisive pour protéger l’État de droit. À quel point, aussi, il est urgent de renforcer sa légitimité. Enquête sur une institution et ses vulnérabilités.
La politiste Camille Bedock revient sur les effets pervers du mode de scrutin actuel, qui expose de plus en plus de Français au gouvernement sans partage d’une minorité politique. Elle défend l’adoption de la proportionnelle, mais prévient que les résistances seront grandes.
La plus haute juridiction administrative française, pilier de l’État de droit, se sait dans la ligne de mire du Rassemblement national. À la fois conseil de l’exécutif pour la rédaction des lois et ultime juge administratif chargé de trancher en urgence sur les libertés, l’institution se prépare à des temps agités.
Pour la première fois depuis 1958, un parti remettant en cause nos droits fondamentaux est aux portes du pouvoir. De révisions constitutionnelles en renoncements politiques, les gouvernements successifs ont fragilisé l’ensemble du système. Tant et si bien que les « antisystèmes » peuvent aujourd’hui s’en réclamer.
De riches récipiendaires de la Légion d’honneur sont soupçonnés d’avoir profité de largesses de l’institution. Alertée, la présidence de la République n’a pas voulu faire de vagues.
L’arrivée du RN à Matignon plongerait la Cinquième République dans sa quatrième cohabitation. Emmanuel Macron verrait ainsi ses pouvoirs présidentiels considérablement réduits. Mais la nouvelle majorité devrait aussi composer avec les autres institutions, à commencer par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État.
Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale dans la foulée de sa défaite aux élections européennes. Une décision inattendue qui place la vie politique du pays dans le grand flou et fait planer le risque d’une victoire de l’extrême droite.
L’économiste à l’université de Nouméa Samuel Gorohouna revient sur l’articulation entre le corps électoral et les déséquilibres inhérents au passé colonial de la Nouvelle-Calédonie. À rebours d’un pouvoir parisien, ivre de normalisation inféconde.
L’ouverture d’une enquête judiciaire délie les langues sur le fonctionnement de la Légion d’honneur. Au cœur des questionnements : un lobbyiste immobilier, proche du grand chancelier Benoît Puga, qui entretenait des relations d’affaires avec des bénéficiaires de décorations.
Les politistes Louise Dalibert et Rémi Lefebvre racontent les difficultés inégales rencontrées par les élus de la République, ainsi que les transformations de leur condition collective. Si les mandats sont toujours très convoités, le risque d’une crise des vocations existe à moyen terme.
Manon Loisel et Nicolas Rio publient « Pour en finir avec la démocratie participative », un ouvrage critique des dispositifs de concertation qui se multiplient en France. Selon eux, les institutions doivent surtout corriger l’absence de transparence et de véritables délibérations en leur sein.
Après l’adoption de la loi immigration, le président a renvoyé ses errements politiques à la décision du Conseil constitutionnel, assumant d’avoir fait voter un texte dont certaines dispositions sont contraires aux principes fondamentaux.