Deux rassemblements se sont tenus samedi à Marseille, en mémoire de deux jeunes hommes, âgés de 17 et 34 ans, décédés l'un jeudi et l'autre vendredi – le premier criblé de balles, le second après une rixe. Depuis décembre 2012, la police mène dans la ville une ambitieuse opération de « reconquête des cités ». Il y a deux mois, les journalistes ont été invités à suivre une de ces opérations à Air Bel, dans la zone de sécurité prioritaire Sud. Mediapart y est revenu le lendemain et les jours d'après. Reportage.
Les policiers marseillais ont engagé une ambitieuse « reconquête des cités » en décembre 2012. Sur un territoire immense : les deux zones de sécurité prioritaires mises en place par Manuel Valls couvrent plus de la moitié de la population. L'objectif affiché n'est pas tant d'éradiquer les trafics de stupéfiants que d'inverser la peur. Avec une inconnue de taille, celle du volet social.
Deux anciens journalistes d’Owni, ainsi que l’ex-directeur de publication du site d’information fermé fin 2012, ont été convoqués les 29 et 30 avril 2013 comme « témoins dans une affaire les concernant » à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Levallois-Perret.
Depuis 1995, l'État interdit aux syndicats policiers de recourir à des régies publicitaires pour se financer. Le syndicat des commissaires en a pourtant utilisé une, aux pratiques douteuses, jusqu'en 2008.
Dans un rapport, la Cour des comptes constate que les avantages accordés aux policiers et aux gendarmes par le précédent gouvernement ont eu un coût largement supérieur aux économies réalisées grâce au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux.
Excédés par la pratique des contrôles d'identité au faciès, quinze Français, tous noirs ou arabes, ont assigné le ministère de l'intérieur pour pratiques discriminatoires. Ils somment l'Etat de prouver que les contrôles d’identité subis avaient un motif légal. C'est une démarche inédite.
Les chiffres montrent une progression de la délinquance roumaine mais que valent-ils ? A Paris, un service spécifique a été créé à l'été 2010, juste après le discours de Grenoble, et des policiers roumains ont patrouillé pendant deux mois avec leurs homologues français. Reportage.
Depuis l'été 2010, le ministre de l'intérieur donne les chiffres de la délinquance roumaine. D'après Claude Guéant, «2% de la délinquance en France sont le fait de Roumains». Un pourcentage vraisemblablement concocté à partir des fichiers de police opérationnels, les statistiques ne permettant pas de distinguer les nationalités.
L'Assemblée a définitivement adopté mardi la réforme de la garde à vue. Rédigé et débattu dans une course à la montre, le texte de loi est déjà remis en cause par le ministre de l'intérieur.
Les collégiens et leurs enseignantes de Cenon, près de Bordeaux, pris dans une charge de CRS contre des étudiants à la gare Montparnasse, le 5 mars, portent plainte. A peine l'enquête ouverte, Michèle Alliot-Marie met en doute leurs témoignages et prétend «qu'il n'y a pas de problème particulier». Le syndicaliste Gérard Aschieri voit là une «forme de défiance envers la jeunesse». Une répression symptomatique alors que la contestation étudiante monte ?
La «Police technique et scientifique pour tous» est une priorité absolue du ministère de l’intérieur. Empreintes digitales, ADN, portables, odorologie: la place Beauvau veut généraliser toutes les techniques y compris dans la moindre petite affaire. Est-ce bien raisonnable? Reportage dans un commissariat de Lille (Nord), à mille lieux de toutes les séries télés.
Pierre Piazza est maître de conférence en science politique. Il est aussi l’auteur remarqué de plusieurs ouvrages sur l’identification des individus. Pour Mediapart, il revient sur le taux d’erreurs astronomique dans certains fichiers de police, sur l’histoire du fichage à la française et sur l’évolution de la police, de plus en plus technique et scientifique.
Grande peur des anarchistes, fichage politique, espionnage de la vie privée, carnets noirs d'Yves Bertrand... La «police éternelle» surgit au gré d'un livre qui vient illustrer quatre siècles de secrets policiers à Paris. Enquête dans les registres des courtisanes et des pédérastes, les dossiers de Jaurès, de la bande à Bonnot ou d'Arthur Rimbaud... Quand le passé éclaire le présent d'une lumière aveuglante.
Depuis jeudi, c'est l'effervescence dans les commissariats. Tous les gardiens de la paix et brigadiers de France et de Navarre ont jusqu'à aujourd'hui, «14 heures», pour prendre connaissance d'une «importance communication ministérielle», vantant les mérites d'un protocole d'accord salarial qui ne fait pas l'unanimité. Ils sont même sommés de signer un avis de bonne réception. De quoi attiser la grogne qui monte.
C'est un mail qui ne passe pas. Alors que deux syndicats policiers (Unsa et SGP-FO) ont appelé à un mouvement de grève le 23 octobre, le directeur central de la sécurité publique, l'un des plus hauts responsables de la police en France, semble avoir pris quelques libertés avec le droit syndical dans un courrier électronique envoyé le 16 octobre à tous les directeurs départementaux sous sa responsabilité. Explications.
La religion de l'aveu, longtemps privilégiée par les policiers, cède le pas à celle de la preuve scientifique. Voici l'empreinte génétique en passe de devenir la «reine des preuves». Avec succès mais non sans danger, à l'heure où le principal suspect dans le meurtre de Valentin, onze ans, vient d'être écroué et mis en examen pour "meurtre avec préméditation et acte de barbarie".