Après avoir passé près de 13 ans au Nouvel Observateur, j'ai rejoint Mediapart en novembre 2012. Je suis en charge des sujets liés aux libertés publiques.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Chercheuse en philosophie du droit, Antoinette Rouvroy étudie depuis plusieurs années ce nouveau mode de « gouvernance hors-sol », qu'elle qualifie de « gouvernementalité algorithmique », reposant sur le big data et les algorithmes prédictifs.
Si le texte a été adopté à une large majorité (438 voix pour, 86 contre et 42 abstentions), le scrutin a été marqué par des votes dissidents dans quasiment tous les groupes politiques. Des députés UMP, rejoints par des UDI et une apparentée écologiste, ont annoncé avoir recueilli assez de signatures pour saisir le Conseil constitutionnel.
À la suite de l’arrestation fortuite dimanche d'un suspect terroriste, le gouvernement a aussitôt embrayé sur la justification de son projet de loi sur le renseignement, en discussion au Parlement et très décrié. Sans expliquer en quoi ce texte aurait changé quelque chose.
En annonçant qu'il saisira le conseil constitutionnel une fois le processus parlementaire achevé, le président de la République tente de désamorcer les critiques de plus en plus fortes faites au projet de loi sur le renseignement.
Dans une tribune, la présidente de la CNCDH s'inquiète des atteintes aux libertés fondamentales du projet de loi renseignement. « Comment protéger la vie privée de chacun, lorsque celle de tous est surveillée ? » demande-t-elle. « À terme, l’état d’exception est-il appelé à se substituer à l’État de droit, signant ainsi une régression de nos démocraties ? »
Ils n’étaient qu’une trentaine de députés dans à l'Assemblée nationale, lundi 13 avril, pour écouter Manuel Valls défendre le controversé projet de loi sur le renseignement à l’occasion de l’ouverture des débats. Une indifférence qui contraste avec la vivacité du débat que le texte a déclenché dans la société civile.
Mouvements sociaux sous surveillance, espionnage économique, collecte massive de données... lors de son passage en commission des lois, le texte du gouvernement renforçant les pouvoirs des services de renseignement a été considérablement musclé par les députés, et ce malgré les multiples alertes des associations et organisations professionnelles.
Dans un éditorial, le quotidien américain estime que le projet de loi français comporte le risque « d’une surveillance gouvernementale indûment expansive et intrusive » des citoyens.
« On s’attendrait à ce que le contrôle soit renforcé par ce texte. Or, c’est l’inverse : on l’affaiblit », explique à Mediapart le président de la commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, l’autorité administrative indépendante que le projet de loi projette de remplacer par une nouvelle entité.
Le nouveau projet de loi sur le renseignement présenté en conseil des ministres prétend « légaliser » certaines pratiques des services tout en les encadrant. Internet est à nouveau ciblé. C'est la troisième loi destinée à lutter contre le terrorisme sous François Hollande. Certains dénoncent déjà un « Patriot Act » à la française.
Les internautes essayant de se connecter au site islamic.news.info sont désormais redirigés vers une page du ministère de l'intérieur. Il pourrait s'agir de la première application du dispositif de blocage administratif voté fin 2014.
La procureure suédoise en charge des accusations d'agressions sexuelles portées contre le fondateur de Wikileaks a finalement accepté de l'auditionner dans les locaux de l'ambassade équatorienne à Londres où il est réfugié depuis deux ans. Cette acte de procédure permettra, peut-être, de débloquer l'imbroglio juridique et diplomatique dans lequel il se trouve.
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Le mois dernier, se tenait à Berlin la conférence annuelle de la Berliner Gazette intitulée « TACIT FUTURES ». Durant trois jours, journalistes, codeurs, hacktivistes, artistes… étaient invités à travailler sur les concepts de mouvement, de flux à la fois de personnes de biens ou d’argent, à l’heure du big data et des algorithmes prédictifs.
Comme chaque année, plusieurs associations de différents pays, ont fêté le 1er janvier la « Journée du domaine public », célébrant l’entrée dans le domaine public d’œuvres incontournables qui se trouvent, à cette date, libérées de leur législation nationale sur les droits d’auteur.