Études de lettres modernes (Toulouse II-Le Mirail & Paris VIII) et formations aux métiers de l’édition. Collaborations pour l’essentiel avec des éditeurs scientifiques et techniques (CNRS Éditions, Eyrolles, IRD…) en tant que correcteur-réviseur, relecteur éditorial, auteur d’édition. Journaliste, correcteur-réviseur à Mediapart de mars 2008 à juin 2021. Auteur de livres de poèmes et d’études littéraires (notamment, Benjamin Fondane, au temps du poème, Verdier, 2006, et Pour chorus seul – À Jean-Pierre Duprey et Claude Tarnaud, Les Hauts-Fonds, 2013).
Pour Serge Martin et Sophie Loizeau, le poème est dans la vie et notre rapport au monde est ce qu’en fait le langage. Certes, le monde comme « il s’en va » nous dépasse, disent-ils en substance, mais il ne peut se passer de nous, car nous avons « la nature dans la voix ».
Philosophe, fin connaisseur de l’École de Francfort et des théories de l’utopie, Miguel Abensour est mort samedi 22 avril, à Paris, à l’âge de 78 ans. Nous l’avions rencontré au mois de juin 2010. Voici l’entretien filmé, et retranscrit, que nous avions eu avec lui square Léo-Ferré, sous les fenêtres de Mediapart.
Poètes tous deux, Yves di Manno et Isabelle Garron se sont attachés en une somme de 1 500 pages à donner leur version du demi-siècle écoulé de création poétique « hexagonale ». Intitulée sans barguigner Un nouveau monde, cette anthologie singulière, provocante à bien des égards, incite à revenir sur les pas que l’on dit perdus de la poésie française.
Que peuvent bien nous dire les nuages de notre histoire ? Pour un écrivain aussi critique de son temps que Hans Magnus Enzensberger, ils symbolisent la fugacité des figurations humaines dans le ciel de l’Histoire. Un de ses récents livres de poèmes, L’Histoire des nuages, vient d’être traduit, comblant un trou de plusieurs décennies dans la lecture du poète en France.
Connu surtout comme poète, Jean-Louis Giovannoni livre dans Sous le seuil des tableaux saisissants sur la façon dont le monde naturel réputé le plus nuisible pourrait nous restituer à nous-mêmes.
Yves Bonnefoy n’avait pas besoin d’entrer dans la Pléiade pour faire figure, de son vivant, de classique de la poésie de langue française. Comme nulle autre en son temps, son œuvre plonge ses racines dans les pensées de l’existence.
Le collectif de la Nuit debout qui occupait l’église Saint-Nicaise à Rouen a été délogé par les forces de l’ordre ce lundi 6 juin au matin. Mais il n’en reste pas moins le bon génie de ce lieu désacralisé et en voie de désaffectation.
À Rouen, le mouvement Nuit debout occupe l’église Saint-Nicaise, rebaptisée civilement « Commune Saint-Nicaise ». Sur cette occupation jugée illégale plane la menace d’une expulsion imminente. Peut-être parce qu’il s’agit là d’un contre-exemple de démocratie réelle impliquant des riverains du quartier.
« Je continue à apprendre la marche difficile sur le long chemin du poème que je n’ai pas encore écrit », avait bien signifié, en préface à La terre nous est étroite, celui que son image publique a désigné « comme “le poète de la Palestine” ». Dernier livre traduit à découvrir de Mahmoud Darwich, Présente Absence retrace et illumine sa vie par son œuvre en un stupéfiant entretien noué par lui-même avec son double créateur.
L’histoire qui a été cruelle avec Marina Tsvetaeva semble bien décidée à la servir comme peu de ses grands contemporains russes de la première moitié du XXe siècle. La parution aux éditions des Syrtes de la somme de sa Poésie lyrique marque un véritable aboutissement dans la réception de sa poésie en France.
Les parutions conjointes en ce début d’automne d’un recueil de textes critiques et d’une somme poétique inusuelle permettent enfin de prendre la pleine démesure de l’écrivain congolais de langue française Sony Labou Tansi.
Pourquoi faut-il impérieusement relire Odysseas Elytis (1911-1996), ce poète de la modernité grecque auquel s’attache une légende solaire en des temps si peu radieux ? Précisément, répond Angélique Ionatos qui vient de le traduire, parce que quand tout s’écroule, en Grèce peut-être plus qu’en tout autre endroit du monde, « reste la lumière ».
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Dans le cadre de son master à l’école de journalisme de Tours, Claire Ferragu m’a interrogé sur la «place de la poésie dans l’espace médiatique français». Avec son assentiment, je publie notre entretien sur mon blog, où il a toute sa «place».
«Le livre d’une vie et d’une époque», a dit de son monumental «A» le poète étasunien Louis Zukofsky (1904-1978). Pour la première fois édité intégralement en français, «A» est un livre d’un abord si déroutant qu’il résonne comme notre futur : impénétrable, sauf à explorer et étendre nos capacités d’écoute et de regard.
En toute complicité avec nos correspondants haïtiens, il nous importe fort à Mediapart de saluer le « défricheur d’âmes » Michel Monnin, qui est mort en Haïti le 13 novembre dernier. Et ce en poèmes, parce que « quand il pleut », il peut « faire soleil en même temps ».
À rebours des notices nécrologiques d’usage, voici quelques notes sur un poète, Jude Stéfan (1930-2020), tenu malencontreusement dans l’ombre éditoriale d’une époque, et tout à la fois se situant lui-même dans un retrait «volontaire», le sien en poète, à qui il fait vraiment bon penser ces temps-ci.
Peu connue en France, où aucun livre d’elle n’a été publié, la prix Nobel de littérature 2020 a néanmoins retenu l’attention, certains de ses poèmes ayant été traduits en revue (Po&sie, Europe). Un essai centré sur la poésie anglo-saxonne d’un poète et universitaire étasunien, chroniqué dans Mediapart en 2013, lui accordait déjà une place majeure.