«Une cocotte-minute qui bout depuis longtemps»

Portraits de manifestants croisés ce samedi dans les cortèges à Paris et Saint-Brieuc et avant la nouvelle journée de mardi.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Michel Dedenis, chômeur, et sa femme Joëlle

 © MM © MM
Ils essaient de venir à chaque fois aux manifs parisiennes, même s'ils habitent à Palaiseau (Essonne). Joëlle, 56 ans, travaille à temps partiel («un choix», précise-t-elle) comme secrétaire dans le BTP. Son mari Michel, 58 ans, a été licencié au début de l'année. Aucun des deux n'est syndiqué. Michel était ingénieur chez un sous-traitant automobile de Trappes, un grand groupe dont le siège est au Luxembourg. «Ils gardent que les jeunes pas cher, ils se foutent des compétences», dit-il.

Avant de le licencier, son employeur lui a proposé des postes en Roumanie, en Inde, et à Marignane (près de Marseille), réduction de salaire en prime. Parce qu'il n'était pas le premier à qui ça arrivait, Michel a compris que c'était une invitation à négocier son départ. Ce qu'il a fait, «âprement», à la mesure du procédé employé par l'entreprise pour se débarrasser de lui: «Ils ne font pas de plan social, ils se contentent juste de virer neuf personnes par mois, la limité légale.»

Des plus de cinquante ans pour la plupart, explique Michel. Il a ses 41 annuités, espérait partir à 60 ans. Mais comme il est né en 1952, la réforme des retraites va s'appliquer pour lui. Il devra décaler son départ en retraite de huit mois... D'ici là? Retrouver du travail? «Je n'y crois pas. On veut nous faire partir plus tard, mais il n'y a pas de boulot!» Il va donc toucher le chômage, et ne sait pas encore si une allocation lui permettra ensuite de faire la jointure jusqu'à la retraite. «Il faudra jongler, on verra.» Mardi 19 octobre, Michel et Joëlle seront là, à nouveau.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale