Au programme (10). La loi sur le travail dans le viseur

Accusé, en fonction de la sensibilité des candidats, de favoriser le chômage ou de ne plus assez protéger les salariés, le code du travail – avec la loi qui l'a réformé l'an passé – est au centre des propositions en matière sociale. Offensifs, François Fillon et Emmanuel Macron souhaitent ramener encore plus de négociation au niveau de l'entreprise et s'attaquer aux 35 heures. Quitte à se couper une fois pour toutes des organisations syndicales, même les plus réformatrices.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

C’était il y a un an. La mobilisation contre la loi sur le travail, portée par la ministre du travail Myriam El Khomri, ne faiblissait pas. Partout en France, des manifestations, des rassemblements, des « appels à la grève générale contre la loi Gattaz-Hollande-Valls-Macron-El Khomri ». Cinq mois durant, avec une intensité qui variera, le conflit social et politique le plus long, le plus dur du quinquennat Hollande, marqué par des violences policières inédites à l’encontre des manifestants, fera la une de l’actualité. Jusqu’à ce que le gouvernement et le premier ministre de l’époque Manuel Valls passent en force en juillet, usant du 49.3 pour faire adopter cette réforme du code du travail. Présentée comme une grande loi « de progrès », elle détricote en réalité un peu plus les protections des salariés et met à mal la hiérarchie des normes, c’est-à-dire que l’accord collectif au niveau de la branche et de l’entreprise prend le pas sur la loi pour mieux flexibiliser l'emploi et réduire le rapport de force.