Avoir 20 ans et être pauvre: portrait d'une certaine France

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Le débat sur le revenu de solidarité active (RSA) commence, jeudi 25 septembre, à l'Assemblée nationale. Alors que plus de 20% des jeunes de 18 à 25 ans vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'Insee, ils sont exclus du dispositif. Ils restent les grands oubliés des politiques publiques. Michel Rocard et Martin Hirsch s'expliquent. Quelle jeunesse se cache derrière les chiffres? Comment, de quoi, vivent-ils? Que font les autres pays européens? C'est l'objet de cette série de six articles que Mediapart publie cette semaine.
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Jeunes et déjà pauvres. En France, les 18-25 ans sont ceux qui disposent de moins de moyens: ils débutent dans la vie active. Et ils sont ceux qu'on aide le moins: il ne faudrait tout de même pas qu'ils croient que tout leur est dû. Les politiques publiques les ignorent très largement, et une nouvelle preuve en sera donnée cette semaine. Alors que l'Assemblée nationale va débattre du RSA (Revenu de solidarité active) qui vise à soutenir financièrement les travailleurs pauvres, les 18-25 ans sont exclus de ce dispositif, comme ils étaient exclus du RMI. Pas adapté le RSA? Peut-être. Mais aucun autre dispositif n'est à l'étude pour eux.

 

Pourtant, selon les statistiques de l'Insee, 23,2% des femmes et 18,9% des hommes de cet âge vivent sous le seuil de pauvreté. Soit plus d'un jeune sur cinq! Un chiffre très largement supérieur au taux de pauvreté dans l'ensemble de la population, qui n'atteint «que» 13,2%.

 

Mediapart a donc voulu savoir quelle jeunesse se cachait derrière ce chiffre. (Lire ici pour comprendre comment il est calculé par l'Insee.) Et a choisi de vous présenter tout au long de la semaine les portraits de jeunes adultes qui ont parfois connu de grandes difficultés dès la petite enfance, mais qui, le plus souvent, sont simplement victimes de l'extrême difficulté à s'insérer sur le marché de l'emploi.

 

Le constat fait l'unanimité parmi les économistes, les sociologues et les associations: les 18-25 ans sont les grands oubliés des politiques publiques. Julien Damon, responsable du département Questions sociales au Centre d'analyse stratégique, analyse: «Le grand mérite des trente dernières années a été d'éradiquer la pauvreté des personnes âgées. Des vieux sont au pouvoir, donc on ne parle que des vieux. Mais les petites retraites, c'est un petit sujet: le niveau de vie des retraités est à peu près égal au niveau de vie des actifs, et le minimum-vieillesse, c'est presque 200 euros de plus que le RMI. De façon plus globale, le taux de pauvreté monétaire a été divisé par deux dans la population depuis les années 70. Mais durant la même période, il a au contraire été multiplié par deux chez les 18-25 ans. Le vrai problème aujourd'hui, ce sont les jeunes.»

 

Chez Emmaüs aussi, on tire la sonnette d'alarme: «Notre société accepte la pauvreté des jeunes, considère que c'est normal, décrypte Patrick Dugois, délégué général. La ligne idéologique est toujours la même: aider les jeunes, ce serait prendre le risque de ne pas les insérer dans la société. Donc plutôt que de prendre le risque d'ancrer les jeunes dans l'assistance, on préfère les ancrer dans la grande exclusion.»

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Cette idée d'une série d'article sur les jeunes pauvres de 18 à 25 ans est née des débats sur le RSA et sur les statistiques de l'INSEE : plus de 20% de ces jeunes adultes vivent sous le seuil de pauvreté. Or aucun d'entre eux ne pourra toucher la nouvelle allocation complémentaire. Nous avons donc décidé, dans les jours qui viennent, de présenter des jeunes de divers horizons, confrontés au monde du travail. Bien sûr, la problématique des études est abordée au travers de ces parcours. Mais nous n'avons pas souhaité mettre l'accent sur les étudiants, qui connaissent des difficultés bien spécifiques et mieux connues. Contrairement à celles des jeunes travailleurs pauvres.