Au Sahel, l’échec de la France

Depuis l’intervention au Mali décidée par François Hollande en 2013, la France est très implantée militairement au Sahel. Mais le bilan est calamiteux : la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader et la présence des militaires français est décriée. Emmanuel Macron a annoncé en juin 2021 la fin programmée de l'opération Barkhane. Nos reportages, enquêtes et analyses.

Sahel : les frappes de l’armée française dans le collimateur

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Un militaire français pilote un drone dans le cadre de l’opération Barkhane, le 9 juin 2015. © Philippe Desmazes / AFP Un militaire français pilote un drone dans le cadre de l’opération Barkhane, le 9 juin 2015. © Philippe Desmazes / AFP

Depuis un an et demi, la force Barkhane est accusée dans au moins trois cas d’avoir bombardé des civils. Des chercheurs soupçonnent la France de mener, comme les États-Unis au Moyen-Orient, des « frappes signatures », fondées sur une interprétation très contestée du droit de la guerre.

Au Sahel, la France réduit et transforme l’opération Barkhane

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Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 10 juin la réduction progressive des effectifs de l’opération Barkhane, engagée depuis 2014 au Sahel. Cette décision confirme plusieurs axes de la politique française vis-à-vis du continent africain : sortir de bourbiers où l’armée française a plus à perdre qu’à gagner, mais aussi sanctionner symboliquement des régimes considérés comme peu « franco-compatibles » pour se recentrer sur les pôles de « stabilité », fussent-ils dirigés par des autocrates.

Tchad: comment la France a avalisé un coup d’Etat

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Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby (à gauche) le 23 avril 2021 à N'Djamena © Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby (à gauche) le 23 avril 2021 à N'Djamena © Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP

Le 27 avril, la France a « fermement condamné » la répression de manifestations qui ont fait au moins six morts au Tchad. Mais par son soutien appuyé, elle a de fait avalisé un coup d’État.

Soutien militaire au Tchad: l’anomalie démocratique

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Emmanuel Macron et le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, lors des obsèques d'Idriss Déby, à N'Djamena le 23 avril 2021 © Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP Emmanuel Macron et le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, lors des obsèques d'Idriss Déby, à N'Djamena le 23 avril 2021 © Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP

En soutenant de fait le coup d’État du fils du président Déby, Emmanuel Macron a engagé la France sur un chemin dangereux. Une décision prise dans le huis clos de l’Élysée, dont députés et sénateurs semblent tout ignorer, jusqu’à la légalité.

Au Tchad, la France perd son allié Idriss Déby Itno dans des circonstances opaques

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À l’image de sa gouvernance, l’une des plus troubles du continent, les circonstances du décès du président tchadien, annoncé mardi par l’armée, restent floues. Officiellement, il est mort des suites d’une blessure reçue lors de combats ce week-end

Tchad: la victoire attendue de notre «ami» Idriss Déby Itno

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Le président tchadien Idriss Déby Itno (à droite) en pleine campagne électorale à N’Djamena le 13 mars 2021. © Renaud Masbeye Boybeye/AFP Le président tchadien Idriss Déby Itno (à droite) en pleine campagne électorale à N’Djamena le 13 mars 2021. © Renaud Masbeye Boybeye/AFP

Au pouvoir depuis trente ans grâce au soutien de la France, le président tchadien sortira probablement vainqueur, une fois encore, du scrutin présidentiel de dimanche. Victoire d’autant plus prévisible que ses véritables opposants ont retiré leur candidature pour ne pas cautionner une mascarade électorale acceptée d’avance par Paris.

La bavure de Bounti se résume à une «bataille informationnelle» pour la France

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Vue aérienne du village de Bounti, au Mali. © Nations unies Vue aérienne du village de Bounti, au Mali. © Nations unies

Mise en cause dans un rapport des Nations unies, la France se dit victime d’une « guerre informationnelle ». Paris affirme que ses forces ont bombardé des djihadistes, et non des civils réunis pour un mariage, le 3 janvier au Mali.

Au Mali, l’ONU accuse la France d’avoir tué des civils

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Une enquête des Nations unies conclut qu’une frappe aérienne conduite par l’armée française au Mali, en janvier, a tué dix-neuf civils réunis pour un mariage, et non pas seulement des djihadistes, comme le dit le gouvernement.

L’Assemblée nationale auditionne un africaniste d’extrême droite

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La mission d’information sur l’opération Barkhane auditionne aujourd’hui l’africaniste d’extrême droite Bernard Lugan, référence de nombreux officiers français, en dépit de sa vision racialiste du continent africain. Une enquête de la Revue du Crieur.

Barkhane, une opération dans l’impasse

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Des soldats de l’armée française portent les cercueils de deux soldats tués au Mali le 2 janvier 2021, lors d’une cérémonie à Haguenau, le 8 janvier. © Patrick Hertzog/AFP Des soldats de l’armée française portent les cercueils de deux soldats tués au Mali le 2 janvier 2021, lors d’une cérémonie à Haguenau, le 8 janvier. © Patrick Hertzog/AFP

Emmanuel Macron devrait annoncer un « ajustement » de la force déployée dans le cadre de l’opération Barkhane lors du G5 Sahel, lundi et mardi. Plus de six ans après le lancement, les certitudes ont laissé place aux interrogations et au doute.

Présence française au Sahel: au-delà de l’échec militaire

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 © Mediapart © Mediapart

Au-delà de son bilan militaire mitigé, l’opération française Barkhane – dédiée à la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel – est le symptôme d’une série d’échecs politiques et diplomatiques qui ne concernent pas que la France.

Comme toujours, l’armée française nie toute bavure au Mali

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Près de vingt hommes ont été tués, et plusieurs blessés, dimanche 3 janvier près du village de Bounti, au centre du Mali. L’armée française assure qu’il s’agissait de djihadistes, mais il semble que des civils qui participaient à un mariage ont également été frappés.

L’armée française arme ses drones, mais le débat est confisqué

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La ministre des armées Florence Parly regarde un drone sur la base de Niamey le 31 juillet 2017. © Boureima Hama/AFP La ministre des armées Florence Parly regarde un drone sur la base de Niamey le 31 juillet 2017. © Boureima Hama/AFP

Officiellement, un drone de l’armée française a frappé pour la première fois le 21 décembre 2019 au Mali. Depuis, cela ne s’arrête pas. Mais on ne connaît jamais les cibles visées, ni le bilan exact des frappes.

Au Sahel, le spectre de la menace fantôme

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Un drone Reaper de l’armée française le 15 décembre 2019, au Niger. © Daphné Benoit/AFP Un drone Reaper de l’armée française le 15 décembre 2019, au Niger. © Daphné Benoit/AFP

Au Mali, où deux militaires français ont encore été tués, au Niger ou au Burkina Faso, les groupes djihadistes ont revu leurs pratiques en raison de la présence de drones armés par l’armée française. Mais la crainte de ce qui peut venir du ciel affecte aussi les populations civiles.

Victimes collatérales de l’armée française: au Mali, la grande hypocrisie

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Les certificats de décès de la femme et des trois enfants d'Idrissa Maiga. © DR Les certificats de décès de la femme et des trois enfants d'Idrissa Maiga. © DR

Au nom du respect des civils victimes de conflits armés, l’armée française se targue de verser des indemnisations financières à ses « dommages collatéraux ». Sauf au Mali, où la France – en guerre depuis 2013 – a choisi de laisser les autorités maliennes réparer les dégâts commis par ses soldats. Mais le système n’a jamais fonctionné.

Victimes collatérales de l’armée française: les coulisses de dédommagements secrets

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Narcisse Mbetinguiza, un chauffeur de taxi centrafricain, à Bangui, le 13 janvier 2018. © JB Narcisse Mbetinguiza, un chauffeur de taxi centrafricain, à Bangui, le 13 janvier 2018. © JB

La pratique est fréquente mais quasi inconnue : les militaires français versent régulièrement des indemnisations financières à leurs « dommages collatéraux » – le plus souvent des civils étrangers. Même les parlementaires n’ont pas de droit de regard sur cet argent public. Il s’agit pourtant du sort que notre pays réserve à ceux qu’il blesse, tue ou prive de ses biens. Mediapart dévoile les coulisses de ces accords amiables.

Massacres au Sahel: le silence complice de la France

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Après le sommet de Pau de janvier, au cours duquel il a été décidé d’accentuer la pression sur les groupes djihadistes, les armées sahéliennes ont commis une série de tueries. Les organisations des droits de l’homme dénoncent, Paris se tait.

Au Sahel, les civils payent le prix du «sursaut» militaire

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Au sommet de Pau en janvier 2020. © Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERS Au sommet de Pau en janvier 2020. © Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERS

Depuis janvier, la France et ses alliés du G5 Sahel ont décidé de frapper fort dans la guerre contre les groupes djihadistes sahéliens au prix d’exactions contre les civils. Les armées malienne et nigérienne sont pointées du doigt. Tout comme les Français.

Au Sahel, comment la France a perdu la confiance de ses alliés touaregs

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Lundi 13 janvier, Emmanuel Macron reçoit les présidents mauritanien, malien, burkinabé, nigérien et tchadien pour un sommet consacré au Sahel et aux « objectifs de l’engagement français ». Mais au Mali, si les militaires français étaient bienvenus 2013, « aujourd’hui, tout le monde s’en méfie ».

Au Burkina Faso, les jeunes Peuls pris entre deux feux

Par François Hume et Olivia Macadré
Mohamed, originaire du Nord, souhaitait s'engager dans l'armée, mais il a changé d'avis après le désaccord de sa famille. © OM Mohamed, originaire du Nord, souhaitait s'engager dans l'armée, mais il a changé d'avis après le désaccord de sa famille. © OM


Dans un Burkina Faso en proie à la menace du djihad armé, les jeunes de l’ethnie peule sont des recrues parfaites pour les groupes armés qui capitalisent sur les difficultés de la région, le taux de pauvreté affolant et les atrocités de l’armée régulière. Ceux qui refusent de s’enrôler font face à la suspicion de la population. 

Sahel: la priorité donnée à la solution militaire conduit à l’enlisement

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Sept ans après le début des opérations militaires françaises au Mali, le chef de l’État va-t-il comprendre que la lutte contre le djihadisme n’est pas la seule réponse à fournir à l’instabilité du Sahel ? Le passé colonial de Paris et les survivances de la Françafrique permettent d’en douter.

Au Mali, l’armée paie par le sang la faillite de l’Etat

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Un militaire malien durant l'opération Barkhane à Ndaki (Mali), le 29 juillet 2019. © REUTERS/Benoit Tessier Un militaire malien durant l'opération Barkhane à Ndaki (Mali), le 29 juillet 2019. © REUTERS/Benoit Tessier

Les attaques de groupes djihadistes contres les militaires maliens se multiplient. Selon l’ONU, 67 d’entre eux ont été tués entre mars et mai. Un assaut lancé fin septembre contre un camp situé près de la frontière avec le Burkina Faso a provoqué la mort de 38 soldats. L’un des bilans les plus lourds de ces dernières années.

Au Sahel, le calvaire des enfants dits «djihadistes»

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Après une attaque attribuée à Boko Haram, à Dalori, au Nigeria, le 1er novembre 2018. © Reuters Après une attaque attribuée à Boko Haram, à Dalori, au Nigeria, le 1er novembre 2018. © Reuters

De nombreux mineurs font indirectement les frais de la lutte antiterroriste menée par les États de la zone sahélienne avec le soutien des pays occidentaux. Au Nigeria, notamment, l’armée détient, selon HRW, des milliers d’enfants dans des conditions inhumaines en raison de leur appartenance présumée à Boko Haram. Au Tchad, au Mali et au Niger, ils ne seraient pas violentés, mais sont traités comme des adultes. 

A Ouagadougou, le G5 Sahel placardisé

Par François Hume-Ferkatadji et Olivia Macadré

Un sommet extraordinaire de la Cedeao consacré à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest se tient à Ouagadougou du 12 au 14 septembre. Au centre des discussions : la menace djihadiste et l’amélioration de la coordination sécuritaire entre pays membres. Un camouflet pour le G5 Sahel.

Dans le centre du Mali, un nouveau massacre fait suite à de nouvelles défaillances

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Le hameau de Sobame-Dah a connu à son tour l’horreur ce dimanche 9 juin. Cette fois, les victimes ne sont pas peules, mais dogons. L’attaque n’a pas été revendiquée, et pourrait provenir de groupes djihadistes actifs dans cette zone ou de milices d’autodéfense. Le gouvernement malien semble toujours incapable de faire face à cette spirale meurtrière d’attaques et de représailles.

Otages français libérés: le Burkina, zone de conquête des djihadistes

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L’Élysée a annoncé vendredi 10 mai qu’une opération menée par l’armée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina Faso avait permis de libérer quatre otages, dont deux Français. Deux militaires des forces spéciales ont été tués. Dans le nord et l’est du Burkina, les djihadistes s’imposent de plus en plus.

Entre massacre et lutte antiterroriste, l’armée malienne à l’épreuve du feu

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IBK et Emmanuel Macron lors de la commération du centenaire de la Première Guerre mondiale à Reims le 6 novembre 2018. © Reuters IBK et Emmanuel Macron lors de la commération du centenaire de la Première Guerre mondiale à Reims le 6 novembre 2018. © Reuters

L’agence française de développement a annulé la publication d’un dossier sur le Mali qui devait paraître dans sa revue Afrique contemporaine. En cause, des articles qui ont déplu, mettant à mal la stratégie de la France ou les autorités du Mali. Mediapart publie l’un d’eux, consacré aux accusations visant l’armée malienne.

Tchad: les vraies raisons de l’intervention militaire française

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Présentée comme une opération destinée à empêcher la chute du régime indéfendable d’Idriss Déby, l’intervention de l’aviation militaire française contre une colonne rebelle, au nord du Tchad, avait aussi et peut-être surtout pour but de permettre la poursuite de l’opération Barkhane, estime l’opposant historique Saleh Kebzabo.

Démuni et contesté, le G5 Sahel patine

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Emmanuel Macron a rencontré lundi ses homologues du G5 Sahel, en marge du sommet de l’Union africaine réuni à Nouakchott (Mauritanie). Tandis que les dirigeants africains regrettent de devoir mendier les fonds promis à la force antiterroriste, les attaques se poursuivent, tout comme les critiques.

Au Sahel, une paix introuvable

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La force conjointe regroupant Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie est attendue pour le mois d'octobre. Cinq ans après le déclenchement des opérations Serval, puis Barkhane, par la France, impuissance militaire et inertie politique se conjuguent.

Dans le Sahel, un mirage nommé Barkhane

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Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, et Bernard Cazeneuve, alors premier ministre, présentent l'opération Barkhane à N'Djamena (Tchad), en décembre 2016. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, et Bernard Cazeneuve, alors premier ministre, présentent l'opération Barkhane à N'Djamena (Tchad), en décembre 2016.

Emmanuel Macron se rend ce vendredi à Gao (Mali), pour une visite auprès des troupes françaises engagées dans la lutte contre les groupes djihadistes. Mais l’opération Barkhane n’est pas l’indéniable succès vendu depuis trois ans par le ministère de la défense devenu celui des armées.

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