Au Sahel, l’échec de la France

Depuis l'intervention au Mali, décidée par François Hollande en 2013, la France est très implantée militairement au Sahel. Mais le bilan est calamiteux : la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader et la présence des militaires français est décriée. Nos reportages, enquêtes et analyses.

Barkhane, une opération dans l’impasse

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Des soldats de l’armée française portent les cercueils de deux soldats tués au Mali le 2 janvier 2021, lors d’une cérémonie à Haguenau, le 8 janvier. © Patrick Hertzog/AFP Des soldats de l’armée française portent les cercueils de deux soldats tués au Mali le 2 janvier 2021, lors d’une cérémonie à Haguenau, le 8 janvier. © Patrick Hertzog/AFP

Emmanuel Macron devrait annoncer un « ajustement » de la force déployée dans le cadre de l’opération Barkhane lors du G5 Sahel, lundi et mardi. Plus de six ans après le lancement, les certitudes ont laissé place aux interrogations et au doute.

Présence française au Sahel: au-delà de l’échec militaire

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Au-delà de son bilan militaire mitigé, l’opération française Barkhane – dédiée à la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel – est le symptôme d’une série d’échecs politiques et diplomatiques qui ne concernent pas que la France.

Comme toujours, l’armée française nie toute bavure au Mali

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Près de vingt hommes ont été tués, et plusieurs blessés, dimanche 3 janvier près du village de Bounti, au centre du Mali. L’armée française assure qu’il s’agissait de djihadistes, mais il semble que des civils qui participaient à un mariage ont également été frappés.

L’armée française arme ses drones, mais le débat est confisqué

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La ministre des armées Florence Parly regarde un drone sur la base de Niamey le 31 juillet 2017. © Boureima Hama/AFP La ministre des armées Florence Parly regarde un drone sur la base de Niamey le 31 juillet 2017. © Boureima Hama/AFP

Officiellement, un drone de l’armée française a frappé pour la première fois le 21 décembre 2019 au Mali. Depuis, cela ne s’arrête pas. Mais on ne connaît jamais les cibles visées, ni le bilan exact des frappes.

Au Sahel, le spectre de la menace fantôme

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Un drone Reaper de l’armée française le 15 décembre 2019, au Niger. © Daphné Benoit/AFP Un drone Reaper de l’armée française le 15 décembre 2019, au Niger. © Daphné Benoit/AFP

Au Mali, où deux militaires français ont encore été tués, au Niger ou au Burkina Faso, les groupes djihadistes ont revu leurs pratiques en raison de la présence de drones armés par l’armée française. Mais la crainte de ce qui peut venir du ciel affecte aussi les populations civiles.

Victimes collatérales de l’armée française: au Mali, la grande hypocrisie

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Les certificats de décès de la femme et des trois enfants d'Idrissa Maiga. © DR Les certificats de décès de la femme et des trois enfants d'Idrissa Maiga. © DR

Au nom du respect des civils victimes de conflits armés, l’armée française se targue de verser des indemnisations financières à ses « dommages collatéraux ». Sauf au Mali, où la France – en guerre depuis 2013 – a choisi de laisser les autorités maliennes réparer les dégâts commis par ses soldats. Mais le système n’a jamais fonctionné.

Victimes collatérales de l’armée française: les coulisses de dédommagements secrets

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Narcisse Mbetinguiza, un chauffeur de taxi centrafricain, à Bangui, le 13 janvier 2018. © JB Narcisse Mbetinguiza, un chauffeur de taxi centrafricain, à Bangui, le 13 janvier 2018. © JB

La pratique est fréquente mais quasi inconnue : les militaires français versent régulièrement des indemnisations financières à leurs « dommages collatéraux » – le plus souvent des civils étrangers. Même les parlementaires n’ont pas de droit de regard sur cet argent public. Il s’agit pourtant du sort que notre pays réserve à ceux qu’il blesse, tue ou prive de ses biens. Mediapart dévoile les coulisses de ces accords amiables.

Massacres au Sahel: le silence complice de la France

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Après le sommet de Pau de janvier, au cours duquel il a été décidé d’accentuer la pression sur les groupes djihadistes, les armées sahéliennes ont commis une série de tueries. Les organisations des droits de l’homme dénoncent, Paris se tait.

Au Sahel, les civils payent le prix du «sursaut» militaire

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Au sommet de Pau en janvier 2020. © Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERS Au sommet de Pau en janvier 2020. © Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERS

Depuis janvier, la France et ses alliés du G5 Sahel ont décidé de frapper fort dans la guerre contre les groupes djihadistes sahéliens au prix d’exactions contre les civils. Les armées malienne et nigérienne sont pointées du doigt. Tout comme les Français.

Au Sahel, comment la France a perdu la confiance de ses alliés touaregs

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Lundi 13 janvier, Emmanuel Macron reçoit les présidents mauritanien, malien, burkinabé, nigérien et tchadien pour un sommet consacré au Sahel et aux « objectifs de l’engagement français ». Mais au Mali, si les militaires français étaient bienvenus 2013, « aujourd’hui, tout le monde s’en méfie ».

Sahel: la priorité donnée à la solution militaire conduit à l’enlisement

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Sept ans après le début des opérations militaires françaises au Mali, le chef de l’État va-t-il comprendre que la lutte contre le djihadisme n’est pas la seule réponse à fournir à l’instabilité du Sahel ? Le passé colonial de Paris et les survivances de la Françafrique permettent d’en douter.

A Ouagadougou, le G5 Sahel placardisé

Par François Hume-Ferkatadji et Olivia Macadré

Un sommet extraordinaire de la Cedeao consacré à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest se tient à Ouagadougou du 12 au 14 septembre. Au centre des discussions : la menace djihadiste et l’amélioration de la coordination sécuritaire entre pays membres. Un camouflet pour le G5 Sahel.

Démuni et contesté, le G5 Sahel patine

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Emmanuel Macron a rencontré lundi ses homologues du G5 Sahel, en marge du sommet de l’Union africaine réuni à Nouakchott (Mauritanie). Tandis que les dirigeants africains regrettent de devoir mendier les fonds promis à la force antiterroriste, les attaques se poursuivent, tout comme les critiques.

Au Burkina Faso, les jeunes Peuls pris entre deux feux

Par François Hume et Olivia Macadré
Mohamed, originaire du Nord, souhaitait s'engager dans l'armée, mais il a changé d'avis après le désaccord de sa famille. © OM Mohamed, originaire du Nord, souhaitait s'engager dans l'armée, mais il a changé d'avis après le désaccord de sa famille. © OM


Dans un Burkina Faso en proie à la menace du djihad armé, les jeunes de l’ethnie peule sont des recrues parfaites pour les groupes armés qui capitalisent sur les difficultés de la région, le taux de pauvreté affolant et les atrocités de l’armée régulière. Ceux qui refusent de s’enrôler font face à la suspicion de la population.

> Au Mali, l’armée paie par le sang la faillite de l’Etat

 

Au Mali, l’armée paie par le sang la faillite de l’Etat

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Un militaire malien durant l'opération Barkhane à Ndaki (Mali), le 29 juillet 2019. © REUTERS/Benoit Tessier Un militaire malien durant l'opération Barkhane à Ndaki (Mali), le 29 juillet 2019. © REUTERS/Benoit Tessier

Les attaques de groupes djihadistes contres les militaires maliens se multiplient. Selon l’ONU, 67 d’entre eux ont été tués entre mars et mai. Un assaut lancé fin septembre contre un camp situé près de la frontière avec le Burkina Faso a provoqué la mort de 38 soldats. L’un des bilans les plus lourds de ces dernières années.

Dans le Sahel, un mirage nommé Barkhane

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Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, et Bernard Cazeneuve, alors premier ministre, présentent l'opération Barkhane à N'Djamena (Tchad), en décembre 2016. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, et Bernard Cazeneuve, alors premier ministre, présentent l'opération Barkhane à N'Djamena (Tchad), en décembre 2016.

Emmanuel Macron se rend ce vendredi à Gao (Mali), pour une visite auprès des troupes françaises engagées dans la lutte contre les groupes djihadistes. Mais l’opération Barkhane n’est pas l’indéniable succès vendu depuis trois ans par le ministère de la défense devenu celui des armées.

Au Sahel, une paix introuvable

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La force conjointe regroupant Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie est attendue pour le mois d'octobre. Cinq ans après le déclenchement des opérations Serval, puis Barkhane, par la France, impuissance militaire et inertie politique se conjuguent.

Notre dossier: Mali, guerre et crises

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Retrouvez nos articles, analyses, reportages, entretiens sur ce pays au cœur d'un Sahel en crise.

Au Sahel, le calvaire des enfants dits «djihadistes»

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Après une attaque attribuée à Boko Haram, à Dalori, au Nigeria, le 1er novembre 2018. © Reuters Après une attaque attribuée à Boko Haram, à Dalori, au Nigeria, le 1er novembre 2018. © Reuters

De nombreux mineurs font indirectement les frais de la lutte antiterroriste menée par les États de la zone sahélienne avec le soutien des pays occidentaux. Au Nigeria, notamment, l’armée détient, selon HRW, des milliers d’enfants dans des conditions inhumaines en raison de leur appartenance présumée à Boko Haram. Au Tchad, au Mali et au Niger, ils ne seraient pas violentés, mais sont traités comme des adultes. 

Dans le centre du Mali, un nouveau massacre fait suite à de nouvelles défaillances

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Le hameau de Sobame-Dah a connu à son tour l’horreur ce dimanche 9 juin. Cette fois, les victimes ne sont pas peules, mais dogons. L’attaque n’a pas été revendiquée, et pourrait provenir de groupes djihadistes actifs dans cette zone ou de milices d’autodéfense. Le gouvernement malien semble toujours incapable de faire face à cette spirale meurtrière d’attaques et de représailles.

Otages français libérés: le Burkina, zone de conquête des djihadistes

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L’Élysée a annoncé vendredi 10 mai qu’une opération menée par l’armée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina Faso avait permis de libérer quatre otages, dont deux Français. Deux militaires des forces spéciales ont été tués. Dans le nord et l’est du Burkina, les djihadistes s’imposent de plus en plus.

Entre massacre et lutte antiterroriste, l’armée malienne à l’épreuve du feu

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IBK et Emmanuel Macron lors de la commération du centenaire de la Première Guerre mondiale à Reims le 6 novembre 2018. © Reuters IBK et Emmanuel Macron lors de la commération du centenaire de la Première Guerre mondiale à Reims le 6 novembre 2018. © Reuters

L’agence française de développement a annulé la publication d’un dossier sur le Mali qui devait paraître dans sa revue Afrique contemporaine. En cause, des articles qui ont déplu, mettant à mal la stratégie de la France ou les autorités du Mali. Mediapart publie l’un d’eux, consacré aux accusations visant l’armée malienne.

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