Emmanuel Macron n’entend pas endosser seul la responsabilité de la contamination du débat public par l’extrême droite. Pendant cinq ans, le président sortant a pourtant largement contribué à installer un nouveau face-à-face avec Marine Le Pen.
Pour mieux « contrôler l’immigration », des candidats comme Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Marine Le Pen ou Éric Zemmour promettent de « réformer » le droit d’asile. En réalité, il s’agit de maintenir les exilés toujours plus loin, dans une logique d’externalisation des procédures.
Aleksandar Vučić reste le maître incontesté de Serbie, après les législatives et présidentielle organisées dimanche, et ce malgré les batailles écologistes en cours dans tout le pays.
Considérer que Kyiv a gagné la bataille de la communication face à la Russie est un point de vue très européen. Sur le continent africain, de nombreuses voix s’élèvent pour défendre les positions de Moscou – et elles ne sont pas toutes des « trolls » créés par les services russes.
Dans les programmes, le clivage est évident : quand certaines candidatures multiplient les propositions financières pour remettre l’université à flot après plusieurs quinquennats de sous-financement, d’autres poussent pour toujours plus de sélection sociale.
L’émergence d’une inflation forte ne peut plus être seulement comprise comme un phénomène transitoire. Face à cette nouvelle donne, la plupart des programmes, surtout à droite, se concentrent sur des mesures ponctuelles, sans proposer de vision globale.
Des sarkozystes, d’ex-socialistes, Jean-Pierre Chevènement ou Éric Woerth : tous soutiennent le président sortant. Le phénomène trahit l’essoufflement des forces dirigeantes de la Ve République, et les renoncements passés de la social-démocratie.
On vote dimanche en Hongrie, et aussi en Serbie, où l’indéboulonnable président Aleksandar Vučić remet en jeu son mandat et a convoqué des élections législatives anticipées. Une alliance stratégique unit de longue date les dirigeants conservateurs des deux pays.
Tandis que l’extrême droite ressasse la plupart de ses rengaines, Emmanuel Macron met cartes sur table en copiant la droite : après avoir largement réformé le lycée, il souhaite libéraliser l’école primaire. La gauche fait entendre sa musique, pour rassurer des enseignants très ébranlés par le quinquennat écoulé.
Les crises et les états d’urgence successifs, les dérives du système médiatique et l’inaction de la classe politique vis-à-vis d’une abstention croissante se conjuguent pour dissiper l’intérêt d’habitude suscité par l’élection reine de la Ve République.