La politique de François Hollande ruine les chances d’une reprise. La preuve par deux rapports: celui de la rapporteure générale (PS) du budget à l’Assemblée, Valérie Rabault, et la dernière « Note de conjoncture » de l’Insee qui prévoit une croissance molle, un nouveau sommet pour le chômage et une quasi-stagnation du pouvoir d'achat.
Les faits sont têtus et éloquents. L'accord conclu avec GE aboutit au démantèlement d'Alstom, rétréci au tiers de ses activités antérieures et au prix d'un montage financier digne des pires spéculateurs. Montebourg a encore frappé. Et cette fois-ci, pas dans le vide, hélas. Parti pris.
Ça n’a l’air de rien, une coupe de budget. Sauf qu'au passage on demande à la Maison des écrivains et de la littérature de renoncer à... la littérature. Ce fut une chaude discussion, mercredi 18 juin, entre un trio de conseillères ministérielles et la directrice du lieu, Sylvie Gouttebaron.
Benoît Hamon a décidé d'abandonner les ABCD de l'égalité, un programme expérimenté dans une dizaine d'académies pour lutter contre les stéréotypes de genre. Après les pathétiques atermoiements du gouvernement sur le « genre », le ministre de l'éducation cède aujourd'hui à une poignée d'illuminés.
Reniant une promesse de campagne de François Hollande, le gouvernement prépare un nouvel allègement fiscal pour les contribuables aisés qui recourent à des emplois à domicile. Ce projet inspire une réaction assez proche de celle que suscitait le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau : on hésite entre indignation et nausée.
La polémique autour de Laurence Boone, l’ex-chef économiste pour l’Europe de Bank of America Merrill Lynch, n’est pas même close qu’une autre risque de naître, à cause du probable départ de l’actuel directeur de l’Agence des participations de l’État (APE), David Azéma, vers… le même établissement !
François Hollande veut nommer l'ex-ministre RPR Jacques Toubon Défenseur des droits pour remplacer Dominique Baudis. L'homme n'a jamais porté un combat pour les droits et les libertés. Pire, lors de son passage au ministère de la justice, l'essentiel de son activisme fut consacré à entraver les enquêtes.
Que faire devant le désastre politique français dont l’évidence est sortie des urnes municipales puis européennes ? Que faire quand, de n’avoir cessé de l’annoncer n’a en rien contribué à l’empêcher ? Que faire pour créer ce sursaut qu’appelle cette course à l’abîme ? Désormais, la question nous est posée à toutes et tous qui ne saurions en être les spectateurs affligés ou blasés.
Il est des occasions où l’on préférerait avoir tort. Tel est le cas de Dire non, livre paru en mars chez Don Quichotte, dont le manuscrit fut achevé en janvier dernier. C’est peu dire que son alarme a été validée depuis par les élections municipales et européennes. Pour que chacun puisse en juger, je publie ici l’essentiel du premier chapitre en écho à mon récent parti pris sur les responsabilités qui sont aujourd’hui les nôtres face au désastre politique en cours.
On peut relativiser la portée du scrutin européen. Mais la désintégration des gauches – une défaite historique –, l'effondrement de la droite – perdue dans les scandales – rendent possible le pire. Arrivé largement en tête, le FN peut désormais espérer conquérir l’Élysée si rien ne vient bouleverser les dynamiques à l’œuvre.