La nomination de Jouyet au poste de secrétaire général de l'Élysée dit beaucoup sur les dérives néolibérales dans lesquelles l'Élysée est aspiré mais aussi sur les systèmes oligarchiques qui ont plus que jamais le vent en poupe.
Le gouvernement français a annulé sa venue aux commémorations, lundi 7 avril, du vingtième anniversaire du génocide des Tutsis. Cette brusque décision est motivée par les déclarations du président du Rwanda, Paul Kagamé, sur « le rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même ». Satisfaisant l’injonction d’Alain Juppé de « défendre l’honneur de la France », ce choix marque plutôt son déshonneur. Parti pris.
Sans attendre son adoption, le gouvernement français paraît prêt à transposer très vite le projet de directive européenne sur le secret des affaires. Ce texte, inspiré par les milieux d’affaires, comporte des définitions si larges et si floues qu’il peut rendre impossible toute enquête ou dénonciation économique.
François Hollande a fixé pour Manuel Valls un cap économique nettement ancré à droite. Multipliant les annonces d'inspiration néolibérale, le chef de l'État se garde de préciser s'il va durcir ou non le plan d'austérité ou laisser un peu filer les déficits publics.
François Hollande fait un choix contraire aux leçons des municipales. Là où une demande de gauche et de justice sociale s'est exprimée, le président brandit le discours d'ordre, de sécurité et de libéralisme : celui-là même qui a organisé la descente aux enfers de la gauche.
François Hollande est le premier responsable de la défaite socialiste. Alors que tout plaide en faveur d'un changement de cap, il semble n'envisager que des ajustements économiques cosmétiques.
À l'heure où le populisme envahit la scène politique européenne, « L'âme des peuples », une collection de brefs ouvrages, fait entrer un peu d'air frais dans une atmosphère pesante.
Le livre du journaliste David Le Bailly sur Anne Pingeot, La Captive de Mitterrand (Stock), est loué par une critique corporatiste, abdiquant toute expertise et cédant aux lois de la promotion. Réquisitoire contre l'approbation mercantile…
Christine Lagarde a désormais de bonnes chances de bénéficier d'un non-lieu dans l'affaire Tapie, alors que son ancien directeur de cabinet, Stéphane Richard, n'en a pas fini avec la justice, même si les charges pesant sur l'une et l'autre ne sont guère différentes. C'est la scandaleuse raison d'être de la Cour de justice de la République : réserver un traitement de faveur aux anciens ministres qui sont de son ressort.
Une réforme d'envergure de la justice n'y suffira pas. Ce que révèle le nouveau scandale Sarkozy est la construction d’un État profond où l’ex-chef de l’État dispose de relais dans tous les secteurs de la haute fonction publique. Reconstruire un État impartial : c’est une révolution institutionnelle que le pouvoir doit engager.