Lançant sa campagne présidentielle au Bourget, le 22 janvier, François Hollande promettait de commencer « par le rêve ». Deux mois après son installation à l’Elysée, le 15 mai, c’est l’évocation de ce « rêve français » qui semble tenir d’un éphémère rêve électoral.
C'est la première entorse à la « République exemplaire » promise : François Hollande nomme son ami Jean-Pierre Jouyet à la tête de la Caisse des dépôts et consignations, alors que cette promotion pose un problème de légalité. L'intéressé le sait si bien qu'il ne sera qu'un patron à mi-temps.
La direction de PSA a opté pour le fait accompli. Son projet stratégique existe depuis deux ans, comme nous l'avions révélé. Le groupe a préféré le tenir secret.
Le fiasco des services de renseignement français, qui surveillaient Mohamed Merah bien avant les tueries de Toulouse, oblige à demander une enquête indépendante et transparente sur leur fonctionnement. Aux parlementaires de s’en saisir, en créant une commission d’enquête.
François Hollande estime que la compétitivité des entreprises est l'un des principaux défis. Si ce choix prépare le terrain à une hausse non pas de la TVA mais de la CSG, cela n'équivaut pas moins à reconnaître que Nicolas Sarkozy avait raison de conduire une politique de l'offre favorable aux entreprises.
Jean-Marc Ayrault propose une politique économique d'austérité presque inchangée, en contrepartie d'une remise en cause des cadeaux les plus scandaleux faits par Nicolas Sarkozy aux plus riches. Tournant le dos à une politique de relance, il a aussi oublié que les socialistes avaient promis une « révolution fiscale ».
Les lettres de cadrage budgétaire adressées aux ministres ordonnent une baisse de 15 % des dépenses de fonctionnement et d'intervention de l'État pour la période 2013-2015. La norme, qui affectera d'abord les crédits sociaux, est encore plus draconienne que celle en vigueur sous François Fillon.
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault propose Jean-Pierre Jouyet comme patron de la Caisse des dépôts. Si le choix de l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy et ami intime de François Hollande va choquer la gauche, il pose surtout un problème de légalité, selon les témoignages recueillis auprès de hauts magistrats. Mediapart révèle les dossiers qui vont embarrasser le nouveau promu.
Le système bancaire, tout autant que le budget, est au cœur de la souveraineté nationale. Les Européens, qui jouent avec l'idée d'une « union bancaire », en mesurent-ils les implications ? Il est permis d'en douter.
Le choix de ne relever le Smic que de 2 %, ce qui équivaut à un coup de pouce de seulement 0,6 %, est une triple faute. Politique, parce qu'elle témoigne d'un manque de détermination. Économique parce que le pouvoir d'achat enregistre une baisse sans précédent depuis 1984. Sociale, parce que les inégalités ne cessent de se creuser.