Le président de l'Assemblée nationale a présenté mardi ses propositions de réformes, encore trop timides. Il renonce notamment à instaurer le moindre contrôle sur les frais de mandat des députés. Et n'évoque pas les emplois familiaux... alors qu'il a lui-même embauché son épouse dans son cabinet.
Que des ministres écologistes restent en place quand leur parti affirme son désaccord avec le traité européen est salutaire! Les éditocrates, plutôt que de demander la démission de Cécile Duflot, feraient mieux de se féliciter de ce débat enfin public.
Manuel Valls continue son échappée solitaire commencée au lendemain de l’élection de François Hollande. Cet été 2013, le ministre de l’intérieur s’en prend frontalement à la justice, reprenant les refrains ultra-sécuritaires de la droite après avoir donné crédit aux polémiques sur le voile qui stigmatisent les musulmans. Il y a près d’un an, Mediapart avait déjà marqué son désaccord, dans un parti pris toujours d’actualité.
Alors qu'elle devait être l'un des grands projets du quinquennat en riposte à la crise, la Banque publique d'investissement s'englue dans le conservatisme. Elle disposera d'une force de frappe financière faible et, selon nos informations, elle pourrait avoir comme patron exécutif un pur technocrate de Bercy. Un moment envisagé, la nomination du fabiusien Jean-Yves Larrouturou, serait désormais écartée. Parti pris contre le torpillage d'une très belle idée.
Du cap que devait fixer une présidence redevenue normale ne reste, quatre mois après l’élection de François Hollande, qu’un horizon brouillé. Crise, déficit, contrainte : les refrains dominants sont ceux du pouvoir précédent, paralysant toute audace. Pis, de la question rom à l’oligarchie financière, une anormale continuité blesse les citoyens qui espéraient encore qu’une gauche au pouvoir ne serait pas semblable à la droite. Parti pris.
L'extinction du Crédit immobilier de France, un casse financier et une casse sociale, est d'autant plus curieuse qu'il y avait une autre solution. Mais qui ne plaisait sûrement pas à nos très chers banquiers. Parti pris.
Le choix par Bercy de la banque Lazard, dirigée par Matthieu Pigasse, pour aider à la création de la Banque publique d’investissement (BPI), a déclenché une tempête. Si Arnaud Montebourg conteste être en conflit d’intérêts, le banquier d'affaires, qui est propriétaire des Inrocks et copropriétaire du Monde, ne peut pas en dire autant.
Funambule aux allures de plantigrade, François Hollande ne peut retarder plus longtemps une mise au net : se contentera-t-il d'être Édouard Herriot ou se mesurera-t-il à Franklin Roosevelt ?
Le ministre des finances annonce que le gouvernement exclut « d'inclure les biens professionnels dans l'assiette » de l'ISF. Un impôt qui frappe pourtant les petites fortunes immobilières et non les véritables grandes fortunes. Parti pris.
Le patron des sénateurs socialistes remet en cause le non-cumul des mandats, pourtant voté par les militants. La succession de Martine Aubry n'a jamais été aussi opaque : elle se déciderait à trois, sans débat public, pour choisir Jean-Christophe Cambadélis ou Harlem Désir. Où est la rénovation ?