Révélée par Mediapart, la décision motivée de la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République conduisant à l'ouverture d'une enquête sur Christine Lagarde est un tournant majeur dans l'affaire Tapie. Pour la première fois, une juridiction française suggère que « sous l'apparente régularité d'une procédure d'arbitrage se dissimule en réalité une action concertée en vue d'octroyer aux époux Tapie » un formidable magot prélevé sur les deniers publics. La patronne du FMI a tout à craindre de cette enquête, mais plus encore Nicolas Sarkozy. Parti pris.
L'Europe a rendez-vous avec l'histoire. La crise a mis à nu les erreurs d'analyse, les fautes politiques, les aveuglements idéologiques. Les responsables européens n'ont plus qu'un court créneau pour reprendre en main la construction européenne. Ils doivent dire s'ils choisissent de la laisser sous la domination des marchés financiers et de la spéculation, ou s'ils lancent une vraie construction monétaire, en redéfinissant le rôle de la Banque centrale. La question est: le monde financier ou les peuples européens?
Face à la catastrophe annoncée, nous avons rendez-vous avec l'histoire. Car la crise actuelle ne résulte pas d'une inévitable fatalité économique ou d'une éphémère folie financière. Elle est la conséquence de politiques socialement criminelles, mensongères et amorales, qui, si elles ne sont pas défaites par les peuples, entraîneront nos sociétés dans une spirale de violences. Aussi est-il temps d'imposer des solutions s'attaquant à la racine du mal : réalistes parce que radicales. Parti pris.
Pourquoi changer une politique perdante? La Réserve fédérale des Etats-Unis a décidé de maintenir jusqu'en 2013 la politique monétaire de taux d'intérêt voisin de zéro. Son président devrait retourner à ses études à Princeton comprendre ce qu'est une trappe à liquidité.
La crise d'aujourd'hui n'est que la continuation de celle de 2008: il s'agit d'une crise générale de la dette des acteurs privés comme publics. Les gouvernements ont laissé passer la chance historique de 2008 pour reprendre le système monétaire et financier en main. Vont-ils cette fois accepter de jeter par-dessus bord leurs dogmes? Parti pris.
A peine nommée directrice générale du FMI, Christine Lagarde n'a déjà plus les qualités pour occuper cette fonction. Au vu des charges pesant sur elle dans l'arbitrage Tapie, la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République a décidé d'ouvrir une enquête pour «complicité de faux et de détournement de fonds publics». Après la tourmente «DSK», voici de nouveau l'institution financière dans de graves turbulences.
Les documents Takieddine dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Ayant pour fil conducteur l'argent noir des ventes d'armes, cette documentation met à nu un système dont l'intérêt financier est le seul mobile.
C'est l'effet retour de la catastrophe de Fukushima : après la remise en selle des anti-nucléaires, nous assistons maintenant au retour de ses partisans. Le problème, c'est que leurs arguments restent au niveau de grandes généralités, même adroitement formulées, et de principes. Or, cela ne suffit plus.
En demandant aux parlementaires l'unité pour adopter une nouvelle règle constitutionnelle sur les déficits, Nicolas Sarkozy a tendu un piège redoutable à la gauche. Mais répondre en dénonçant sa calamiteuse gestion pendant quatre ans n'est pas suffisant. Il faut parler politique. Car les valeurs de la démocratie sont en jeu, désormais, face à la finance.
Dans un arrêt rendu mardi 26 juillet, le Conseil d'Etat rejette le recours engagé contre Christine Lagarde pour excès de pouvoir dans l'affaire Tapie. La juridiction administrative a jugé les requérants irrecevables et n'a pas même examiné l'affaire au fond. Au pays du « coup d'Etat permanent », une jurisprudence ancienne, qui viole la Déclaration des droits de l'homme, accorde aux ministres une immunité de fait et prive les citoyens de toute voie de recours. Parti pris pour une révolution démocratique.