Selon la Cour des comptes, la Sécurité sociale a enregistré un déficit historique de 29,8 milliards d'euros. Le chiffre vaut réquisitoire car le gouvernement laisse les comptes se dégrader, avec une arrière-pensée de plus en plus transparente: préparer la partition de la «Sécu» dont rêvent les assureurs sinon même une privatisation partielle. Parti pris en défense de la plus grande conquête sociale de l'après-guerre.
Peu médiatisé à l'étranger, regardé avec un scepticisme bon marché par des éditorialistes blasés, le mouvement social israélien marque la renaissance d'une société civile qui bouleverse toutes les lignes, contourne les tabous, et offre un immense espoir pour l'ensemble de la région.
654 romans publiés: chaque rentrée est un accident industriel, une production qui loupe son objectif, avec de gros dommages. Bien plus qu'économique, le gâchis est littéraire. Invitation au bal des sacrifiés.
L'aumône demandée à une minorité de très riches n'est que l'alibi d'une rigueur pour le plus grand nombre. Grossière, la manœuvre a été accompagnée d'une opération de diversion avec l'appel «Taxez-nous!» du Nouvel Observateur. Cette entourloupe dit aussi la peur qui habite cette présidence et l'oligarchie qui l'entoure.
Projeté au festival de Locarno, le documentaire de Fernand Melgar sur la détention des étrangers en instance d'expulsion a été taxé de «complaisant» à l'égard d'un «fascisme ordinaire». En montrant de l'intérieur l'un de ces lieux d'enfermement, le film a pourtant l'intérêt de décrire un système où l'apparente bienveillance est mise au service des retours forcés. Pire, où elle apparaît comme une condition de l'efficacité d'une politique monstrueuse.
Remis en question, les 45 millions d'euros reçus par l'homme d'affaires comme indemnisation de son «préjudice moral» dans l'affaire Adidas/Crédit lyonnais représentent 2.000 fois ce que reçoit en moyenne un innocent emprisonné à tort.
François Fillon a levé le voile, mercredi soir, sur le plan d'austérité du gouvernement, loufoque autant qu'inégalitaire. Les grandes fortunes sont soumises à une contribution dérisoire dont toute la presse fait grand bruit, tandis que des mesures beaucoup plus lourdes et socialement douloureuses sont engagées, sans qu'il en soit fait la moindre publicité. Après avoir torpillé le bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy malmène aussi l'autre réforme emblématique de son quinquennat, celle des heures supplémentaires. Parti pris.
Dans l'affaire DSK, c'est en parlant que la victime supposée s'est privée du pouvoir d'accuser en dépit d'indices très gênants. Et c'est en refusant de livrer sa version des faits que Dominique Strauss-Kahn s'est protégé. Qu'il y ait eu ou non viol dans la suite 2806 du Sofitel, la procédure s'est avérée inégalitaire.
Malgré les questions légitimes sur l'intervention de l'OTAN et l'opacité qui entoure les rebelles libyens, toute une rive de la Méditerranée respire désormais plus librement.
Les marchés boursiers vont de capitulation en capitulation, signe de leur défiance sur les perspectives économiques, la santé des banques, la réponse des politiques. Et tout cela ressemble à un remake du Japon de la “décennie perdue”, ventes records de coffres-forts compris.