Après avoir déjà invité Bernard Tapie le 16 octobre pour une émission spéciale, France 2 l'a de nouveau convié, jeudi 25 décembre dans son journal de 20 heures, avant de retransmettre en direct la pièce de théâtre dans laquelle il joue au côté de sa fille. Formidable aubaine pour l'ex-homme d'affaires: après les instructions données par l'Elysée dans l'affaire Adidas qui vont lui permettre d'empocher près de 130 millions d'euros, voici qu'une chaîne de service public se met à son... service! Bernard Tapie ne s'est donc pas fait prier et a aussi assuré la promotion d'un disque produit par sa fille. Parti pris.
Lors de notre débat public, au théâtre du Rond-Point, lundi 15 décembre, nous avons pu annoncer que cinq titres – Le Nouvel Observateur, Mediapart, Marianne, Les Inrockuptibles et Rue 89 – lancent un appel commun pour la défense de la liberté et du pluralisme de l'information face aux projets du gouvernement. Voici le texte complet de cet appel.
Au doigt et à l'œil: l'absolutisme sarkozyen exige que les serviteurs de l'État soient ravagés par le désir d'assouvir les souhaits du souverain. Lorsque le quant-à-soi est ainsi malmené, une fois que la soumission s'avère à ce point totale, tout personnage chargé de fonctions gouvernementales en vient à se transformer en ministre du culte du chef. Parti pris.
Ancien transfuge de la gauche, ex-secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet prend ce lundi 15 décembre la présidence de l'Autorité des marchés financiers. En faisant ce choix, Nicolas Sarkozy viole les règles qu'il avait lui-même édictées, prévoyant que toutes les nominations importantes devraient se faire sous le contrôle du Parlement. Cette promotion est révélatrice de ce capitalisme consanguin français, qui autorise le mélange des intérêts entre pouvoirs politiques et milieux d'affaires. Parti pris.
L'agonie des "Big Three" de Detroit annonce la mort d'un modèle d'industrie automobile remontant à Henry Ford et Alfred Sloan, le créateur de General Motors, puis perfectionné par Toyota mais aujourd'hui dépassé. Plutôt que l'acharnement thérapeutique, mieux vaut opter pour la préparation d'une quatrième révolution, celle du "dégroupage" et du "constructeur virtuel". Il faut détruire Detroit.
Le parti socialiste a annoncé, jeudi 11 décembre, qu'il se décidait enfin à demander officiellement la constitution d'une commission d'enquête parlementaire au sujet de l'affaire Tapie. Cinq mois après l'octroi par un tribunal arbitral de 390 millions d'euros à l'ex-hommes d'affaires, la réaction paraît bien tardive. Les socialistes agissent alors que Bernard Tapie va percevoir son pactole. Mieux vaut tard que jamais, certes. Mais là, c'est presque trop tard. Parti pris.
Le rapporteur général du budget au Sénat, Philippe Marini (UMP), qui est proche de l'Elysée, va proposer lundi 8 décembre un amendement qui vise à rendre partiellement déductibles de l'impôt sur le revenu les pertes boursières de 2008. La disposition a été imaginée «en concertation» avec le ministère des finances. La mesure est aussi farfelue que scandaleuse. Aucun gouvernement au monde n'a pris une mesure aussi choquante. En d'autres temps, on aurait parlé d'une politique de classe. Parti pris.
Nicolas Sarkozy a finalement rencontré le dalaï-lama, samedi 6 décembre, à Gdansk, en Pologne, après des mois de tergiversations. Pendant ce temps, Pékin s'est irrité une nouvelle fois et brandit ses menaces économiques. Au final, le président de la République est parvenu à perdre sur les deux tableaux: ni promoteur des droits de l'Homme, ni «realpoliticien». Lire aussi notre reportage au Tibet:Neuf mois après les émeutes, les moines ne cachent pas leur rancœur
Le plan de relance présenté, jeudi 4 décembre, par Nicolas Sarkozy a une face cachée: si officiellement 26 milliards d'euros sont engagés pour soutenir l'économie face à la récession, l'Elysée en profite pour faire passer toute une série de mesures qui lui tiennent à cœur. La plus spectaculaire est celle qui entaille profondément la législation anti-corruption des années 1990 concernant les marchés publics. Minoration des déficits publics, nouveau détournement des fonds du Livret A, faiblesse du volet social du plan anti-crise: Mediapart détaille, mesure par mesure, les habiletés ou cachotteries sarkoziennes. Parti pris.
Plus ou moins médiatisés, trois faits divers – descente «anti-drogue» de gendarmes dans un collège de Marciac (Gers), interpellation brutale d'un ancien PDG de Libération, arrestation hasardeuse de mineurs par des policiers armés de Taser dans l'Essonne – se situent quelque part entre la «routine» policière et la «bavure». Comme le sous-titrage d'une époque qui risquerait de s'habituer aux abus de pouvoirs, petits ou grands. Lire aussi:Sabotages de la SNCF: la police et la justice font marche arrière