Le suicide de deux mineurs en détention a bousculé l'agenda hebdomadaire de la ministre de la justice, qui a annoncé des mesures en urgence. Mais ce double drame remet en question la répression pénale accrue prônée par le gouvernement à l'encontre des adolescents délinquants, qui conduira mécaniquement à les envoyer davantage en prison.
Alors que s'ouvre aujourd'hui le procès de l'affaire Falcone, celle de la vente pour près de 800 millions de dollars d'armes à l'Angola en pleine guerre civile, les critiques pleuvent sur une enquête qui reposerait sur du sable. Un examen précis des investigations conduites par le juge Philippe Courroye, qui ont notamment débouché sur la mise en cause de Charles Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand ou Paul-Loup Sulitzer, fait pourtant apparaître des charges accablantes.
La France est en récession. Même si le gouvernement se refuse à utiliser ce terme, c'est ce qui transparaît des chiffres publiés, vendredi 3 octobre, par l'Insee: après avoir reculé de 0,3% au deuxième trimestre de cette année, l'activité devrait continuer de baisser de 0,1% au troisième puis au quatrième trimestre. Confusion à l'Elysée, où le conseiller Henri Guaino préconise, à la veille du mini-sommet européen, que la France s'exonère temporairement des critères de Maastricht.A lire aussi:A Marseille, la crise est en train de «tout geler»
Un quart de siècle après les écoutes téléphoniques organisées par la «cellule» de l'Elysée, la Cour de cassation vient de refermer définitivement le dossier judiciaire. Les collaborateurs de François Mitterrand sont jugés personnellement coupables d'avoir oublié une règle toujours d'actualité : un fonctionnaire doit refuser d'obéir à un ordre illégal.
La crise financière a un effet de loupe: elle permet de mieux cerner certaines erreurs de politique économique commises par Nicolas Sarkozy et quelques-uns de ses prédécesseurs. De la politique budgétaire à la politique fiscale, en passant par la course aux privatisations: ce sont plus de deux décennies de déréglementation effrénée dont on mesure les ravages au travers des turbulences mondiales qui affectent la France. Radiographie en forme de parti pris. Lire aussi les résultats de la réunion d'hier à l'Elysée:Grande réunion de crise et petites décisions
Dans la semaine écoulée, deux événements ont illustré la volonté de prise en main du monde judiciaire par Rachida Dati. Côté magistrats, la ministre de la justice a convoqué cinq procureurs généraux pour leur remonter les bretelles. Côté avocats, un bâtonnier s'est vu menacer d'amende pour diffamation envers... la garde des Sceaux.
Sur un ton radical, avec des accents souverainistes, Nicolas Sarkozy a dénoncé, jeudi 25 septembre, lors de son discours de Toulon, les excès du capitalisme financier. Mais quand il en est venu à énoncer des propositions concrètes, le ton, soudainement, est devenu beaucoup plus flou ou elliptique. Lire également notre article: le projet de budget 2009 présenté aujourd'hui ignore l'ampleur de la crise.
La crise financière a fait une victime expiatoire: les parachutes dorés. Le président de la République devrait annoncer sa volonté de les voir supprimer. Et le Medef se dit favorable à leur disparition. Pas question, en revanche, de toucher aux autres modes de rémunérations – bonus, stock-options, retraites-chapeau et autres –, ni même à la fiscalité. Sans réforme globale de l'ensemble de ces rémunérations, une suppression de ces parachutes serait cependant sans effet.
Incroyable mais vrai: Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, s'est enfin exprimé publiquement sur les "temps exceptionnels" que traversent les marchés financiers et l'économie mondiale. Malheureusement, sa contribution à l'analyse et à la résolution de la crise est tout sauf exceptionnelle.
Chaque initiative du pouvoir politique aux Etats-Unis, pour tenter de reprendre le contrôle d'événements financiers qui le dépassent, suscite en France un étrange enthousiasme. Accompagné de déclarations définitives sur la fin de la crise. Cela dure depuis le "sauvetage" de Bear Stearns en mars 2008 et vient de se reproduire avec l'annonce d'un renflouement général du secteur financier américain. Etonnant, non?