S'il ne devait un jour rester qu'une seule image des huit années de présidence Bush, ce serait celle du prisonnier masqué d'Abou Ghraib, debout sur sa caisse. Pour des centaines de millions de personnes dans le monde, les Etats-Unis sont devenus des bourreaux. Leur tentative de demeurer l'«hyperpuissance» qui modèle le monde à sa guise semble désormais vouée aux poubelles de l'histoire.
C'est le grand retour de Jean-Marie Messier. Discret depuis son départ de Vivendi en 2002, le banquier sort de sa réserve pour donner l'explication de la crise financière. Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête se veut une critique sévère de toutes les dérives du capitalisme financier. Tout y passe: les produits incompréhensibles, les rémunérations exorbitantes, les règles comptables, l'appât du gain. Le monde financier est coupable. Mais pas les chefs d'entreprise et surtout pas lui! Parti pris.
Le taux de rémunération du Livret A tombera de 4% à 2,5% au 1er février prochain. Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy mercredi soir. L'Elysée n'a pas même pris soin d'en informer le premier ministre, François Fillon, qui a tenu au même moment des propos contradictoires. La présidence n'a même pas respecté la procédure légale qui prévoit une délibération de la Banque de France. Cette interférence présidentielle en dit long sur les procédures de décision au sein de l'exécutif. Parti pris sur la politique économique du grand n'importe quoi.
Mardi à Nîmes, Nicolas Sarkozy a enfin parlé de culture. Multipliant les annonces à propos de la gratuité des musées, des enseignements artistiques ou de la création d'un Musée de l'histoire de France, il s'est adjoint les services d'un second ministre de la culture en la personne de Marin Karmitz, l'homme des cinémas MK2, chargé d'animer un «conseil de la création culturelle».
Selon Tony Blair, cité par Eric Besson, «Nicolas Sarkozy a remis la France sur la carte». Le président français a remercié son ami Tony, lui donnant le rôle vedette du colloque "Nouveau monde, nouveau capitalisme", organisé jeudi et vendredi. Objectif: servir de relais entre le sommet du G20 à Washington, le 15 novembre dernier, et celui de Londres en avril, qui devrait lancer la «refondation du capitalisme». Dans cette belle assistance, il ne restait qu'un vrai libéral, Michel Rocard. Parti pris.
Six titres de presse, soutenus par Reporters sans Frontières, ont lancé jeudi 8 janvier un appel commun contre la «régression de nos libertés» et les «abus de pouvoir» du président de la République. Mediapart, Le Nouvel Observateur, Marianne, Charlie Hebdo, Rue 89 et Les Inrockuptibles s'inquiètent des menaces qui pèsent sur la liberté de l'information. Lire aussi:Un « Livre vert » et 90 recommandations sur la presse
Alors que l'Assemblée nationale a engagé, mercredi 7 janvier, l'examen du plan de relance, la gauche fait grief à Nicolas Sarkozy de privilégier les entreprises et de se désintéresser du pouvoir d'achat. La critique est pertinente mais elle peut aussi manquer de souffle si elle ne sert qu'à justifier quelques propositions complémentaires. Car l'enjeu du débat est beaucoup plus lourd: ce sont les règles mêmes du capitalisme d'actionnaires, très favorable au capital et défavorable au travail, qui devraient être réfléchies. Parti pris. Lire aussi les deuxièmes plans de relance en Allemagne, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Nicolas Sarkozy avait «vendu» ainsi sa réforme de la constitution: renforcer le rôle du Parlement. C'est très exactement l'inverse qui se produit depuis six mois, avec un Sénat court-circuité pour une réforme clé, celle de l'audiovisuel. Le gouvernement prépare également une limitation drastique du droit d'amendement des députés, à travers son projet de loi de réorganisation du travail parlementaire, examiné ce mercredi 7 janvier, et utilise à tour de bras la procédure d'urgence, voire le recours aux ordonnances. L'opposition dénonce la mise en place par Nicolas Sarkozy «de sa république personnelle».
Alors que l'on a célébré jeudi 1er janvier le demi-siècle de l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, difficile de ne pas évoquer ce que cette révolution porteuse d'espoirs est devenue. Derrière le mythe savamment entretenu des barbudos et de Che Guevara, on trouve une société vérouillée par le régime. Récit à la première personne d'un journaliste expulsé pour avoir fait son métier.
Alors que s'achève la présidence française de l'Europe, l'heure est au bilan: celui qui sera affiché déclinera les initiatives prises en Géorgie, la riposte à la crise financière mondiale ou encore l'adoption par les Vingt-Sept du «paquet énergie-climat». Mais il y a un bilan caché: le bouleversement de l'architecture institutionnelle du projet européen. Ce projet repose sur un équilibre institutionnel qui a certes évolué avec le temps mais en préservant toujours cette "méthode communautaire" qui en a fait la singularité et l'efficacité. Avec la complicité du président de la Commission européenne, le portugais José Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy a profité d'être à la tête de l'UE pour rompre un équilibre déjà fragile. Pour des résultats politiques plus que moyens. Autre bilan de cet étalage de la "méthode Sarkozy".