Le fiasco des débats organisés dimanche au Zénith et les petits règlements de compte qui ont suivi en disent long sur les tergiversations du parti socialiste sur les questions de sécurité. L'enjeu est pourtant immense. Depuis 1997 et le congrès de Villepinte, le PS hésite, fait ce qu'il ne dit pas ou n'assume pas ses revirements successifs. Ses débats en trompe-l'œil masquent mal sa coupure d'une réalité sociale et sa difficulté à penser ces questions de sécurité. Parti pris.
La Commission des finances de l'Assemblée nationale va procéder, mercredi 25 mars, à l'audition de François Pérol, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée que Nicolas Sarkozy a propulsé à la présidence des Caisses d'épargne et des Banques populaires, dans des conditions de légalité qui font débat. Ce sera la première intervention publique de l'ancien collaborateur du chef de l'Etat. Mediapart, qui a souvent sollicité le nouveau banquier pour recueillir son avis sur son pantouflage controversé mais n'a jamais obtenu de réponse, soumet douze questions que nous aurions aimé pouvoir lui poser. Parti pris.
La présidente du tribunal administratif de Paris refuse d'examiner un recours en excès de pouvoir déposé contre la ministre des finances, Christine Lagarde, dans l'affaire Tapie. Alors que Bernard Tapie va empocher dans les prochains jours un gain net proche de 100 millions d'euros, prélevés sur fonds publics – bien supérieurs à ce que Bercy et Bernard Tapie avaient admis, mais conforme à ce que Mediapart avait révélé dès juillet 2008 –, la présidente fait valoir que des contribuables ou un député – qui ont saisi la justice – n'ont pas un «intérêt suffisant» pour demander ce recours. Parti pris.
Dans une note de conjoncture, publiée ce vendredi 20 mars, l'Insee révèle que la récession est beaucoup plus grave que prévu par le pouvoir. Recul de –2,9% de l'activité d'ici à la fin du premier semestre de 2009, lourdes menaces sur le pouvoir d'achat, plus de 500.000 pertes d'emplois en trois trimestres, taux de chômage à 8,8% de la population active: les experts mettent en évidence que les prévisions du gouvernement n'ont pas de crédibilité.
Alors que l'Etat a apporté 1,7 milliard d'euros d'argent public pour aider la banque, le conseil d'administration de la Société générale a décidé, mercredi 18 mars, de gratifier ses dirigeants. Daniel Bouton, président de la Société générale, et Frédéric Oudéa, directeur général, se voient octroyer respectivement 70.000 et 150.000 stock-options. Ce plan a été calculé sur la base des cours les plus bas depuis dix ans. Dès aujourd'hui, les deux dirigeants sont gagnants. A la tête du comité de rémunération, on retrouve Jean-Martin Folz, le président de l'AFEP, co-auteur avec le Medef du nouveau code sur les rémunérations des dirigeants.
L'affaire Pérol ne cesse de prendre de l'ampleur. Du ministère des finances jusqu'au siège des Caisses d'épargne, en passant par celui de la très influente banque Rothschild, Mediapart résume cette histoire qui est au cœur des polémiques politico-économiques du moment. Et dénonce le coup de force présidentiel. Edito vidéo.
En choisissant, mardi 17 mars, d'engager la responsabilité du gouvernement dans l'affaire de l'Otan, François Fillon vient de démontrer que la réforme des institutions et le renforcement affiché des droits du Parlement n'avaient déjà plus guère de sens. Le nouvel article 50.1 autorisait en effet un vote des députés sur cette mesure et sans engagement de responsabilité. Face aux désaccords de parlementaires UMP, le premier ministre a préféré bâillonner sa majorité. Parti pris.
Il ne faut pas s'inquiéter des divergences qui se sont exprimées à Horsham, au sud de l'Angleterre, lors de la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du G20. Bien au contraire. Après des années de consensus mou et de communiqués insipides au G7, certains Européens et les grands pays émergents ne paraissent plus décidés à céder aux pressions des Etats-Unis, responsables de la crise et de sa mauvaise gestion. Enfin! Parti pris.
Principal conseiller économique de Barack Obama, Larry Summers donne le ton à moins d'un mois du sommet du G20 à Londres: les Européens ne font pas assez pour soutenir la demande mondiale. La crise financière globale et son traitement incertain sont "Made in America" mais Summers continue à distribuer les bons et les mauvais points. Extravagant mais conforme à la nature du personnage, un adepte du bizutage intellectuel. Parti pris.
Les députés commencent ce mardi à discuter du projet de loi «création et Internet»; lequel est censé mettre fin au piratage des œuvres artistiques. Le texte soulève l'indignation sur le Net. Avec quelques bonnes raisons...