L’ONU prépare un forum des entreprises pour le climat à Paris, en lien avec le sommet des chefs d’État, la Cop 21, en décembre. Parmi ses organisateurs, se trouve une salariée d’Areva, qui pense essentiel de donner une place au nucléaire. Brice Lalonde, patron du sommet, « trouve plutôt sympa de la part d’Areva de nous filer quelqu’un ».
Après la conférence de Lima sur le climat, Joseph Confavreux et Jade Lindgaard ont reçu François Gemenne, chercheur en science politique, et Lucie Pinson des Amis de la Terre.
La réalité physique de la crise climatique ne parvient pas à percer la bulle des négociations internationales qui depuis vingt ans cherchent à établir le cadre imposant aux États de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. La 20e conférence des parties (COP 20) qui s’est achevée dimanche 14 décembre au Pérou a achoppé sur l’essentiel.
Une grande partie de l’argent versé au titre de la lutte contre le changement climatique à la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et d'autres pays de l’ancienne Europe de l’Est finit dans des centrales à charbon. « On ne peut pas continuer à faire cette erreur », dénoncent des ONG, alors que se tient le sommet européen sur l’énergie.
Reconnaissant leur insuffisance, l’ONU et les États comptent sur les industries, les collectivités locales et la société civile pour atténuer la crise climatique. Ils se réunissent à New York mardi 23 septembre pour promouvoir un « agenda des solutions ».
Des centaines de milliers de personnes devaient manifester ce dimanche dans 136 pays lors d'une "marche pour le climat". Alors que les négociations internationales reprennent, comment créer un vaste mouvement populaire sans renoncer à critiquer le système ?
Notre collaboratrice Jade Lindgaard publie un essai, Je crise climatique – La planète, ma chaudière et moi. Non pas pour disséquer les causes d'un monde qui se consume – c'est acquis – mais pour explorer nos comportements addictifs, voire névrotiques, qui font que nous n'en avons pas fini avec la bagnole, l'avion et l'hypermarché. Extraits.
Le monde est sur une trajectoire de hausse des températures supérieure à 2 °C. Face à cet échec, un rapport préconise de viser la fin des émissions de CO2 en 2050, mais sur la base de technologies aujourd’hui inexistantes.
Le président américain a dévoilé un plan de réduction des émissions de CO2 des centrales à charbon d’une ampleur inédite : -30 % d’ici 2030. Mais il prône en même temps une politique de libre-échange incompatible avec la lutte contre le dérèglement climatique, alerte Ilana Solomon du Sierra Club, l’une des plus anciennes ONG écologistes américaines.
Les industries du pétrole, du gaz et du charbon mettent les scientifiques du climat sous pression, à coups de poursuites judiciaires et de saisies de données personnelles, s’inquiète l’historienne américaine Naomi Oreskes. Elle publie ces jours-ci un livre de fiction historique sur l’effondrement de la civilisation occidentale.
Malgré l’arrêt des hauts-fourneaux à Florange, la multinationale de l’acier continue de recevoir des centaines de milliers de tonnes de quotas de CO2 gratuits pour son site de Moselle. Alors qu’elle n’y prévoit aucun investissement pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le deuxième volet du nouveau rapport du Giec, consacré aux effets du dérèglement climatique sur la nature et les sociétés humaines, suscite des réactions d’une rare intensité. Sauf en France.
La Commission européenne propose d’extraire une partie des surplus de quotas de CO2 qui plombent le marché du carbone. Cette mesure n’entrerait en vigueur qu’à partir de 2021, alors que le système est déjà dans un état critique.
Si les États européens augmentaient leurs émissions de gaz à effet de serre chaque année d’ici 2020, ils réussiraient tout de même à respecter leur objectif de les réduire de 20 %. Une nouvelle faille du marché du CO2 apparaît, alors que Bruxelles est en pleine préparation de ses objectifs climat pour 2030.
ArcelorMittal, EDF, Total, E-ON et GDF Suez sont, de loin, les industriels les plus émetteurs de CO2 en France. Alors que se profile la loi sur la transition énergétique, Mediapart a établi le palmarès des plus gros pollueurs climatiques. Surprise : EDF, pourtant producteur à 80 % d’électricité d’origine nucléaire, y occupe la deuxième place.
Chimiste réputé, membre du Collège de France, de l’Académie des sciences et de la fondation de Claude Allègre, Marc Fontecave est aussi un homme qui doute des causes du dérèglement climatique. Enquête sur un paradoxe intellectuel.