Obligation de moyens plus que de résultats, sanctions réputationnelles, passages en revue obligatoires des objectifs de réduction des gaz à effet de serre : les scénarios se précisent pour aboutir à un accord sur le climat en partie « contraignant ». Même Barack Obama a utilisé le terme hier.
Alors que la plupart des pays qui participent à la COP21 ont pris des engagements très insuffisants pour atteindre l'objectif d'un réchauffement en dessous de 2 °C, le Danemark affiche l'ambition d'avoir une économie « neutre en carbone » d'ici 2050. Un pari impossible ?
La COP21 a officiellement démarré lundi 30 novembre au Bourget. Pour ce premier jour du sommet sur le climat, les chefs d'État ont mis en scène leur volontarisme. Mais dans leur morale d’action, ils ont glissé beaucoup d’intérêts économiques. « Nous sommes la première génération à voir le dérèglement climatique se produire, nous sommes la dernière à pouvoir y faire quelque chose », a déclaré Barack Obama.
Depuis plusieurs mois, la polémique fait rage entre les économistes orthodoxes et hétérodoxes sur une question qui semble un peu abstraite : faut-il ou non un prix mondial unique sur le carbone ? Derrière ce débat théorique, se cachent des choix décisifs sur la réalité des changements pour lutter contre le réchauffement climatique.
Pour ce sixième et dernier épisode, l'essayiste explique pourquoi la mobilisation citoyenne des « lignes rouges » est plus que jamais d'actualité, malgré la signature d'un accord au Bourget.
Après l’assignation à résidence en 48 heures de vingt-quatre militants en lien avec le sommet de l’ONU sur le climat (COP21), l’Élysée veut mettre un terme à ces mesures. C'est du moins ce que le chef de l'Etat a annoncé lors d’une rencontre avec les représentants d’une douzaine d’ONG samedi.
La COP21 s’ouvre au Bourget dans des circonstances exceptionnelles. Un accord est à portée de main mais beaucoup de doutes demeurent sur le sens de ces négociations.
Au moins 600 000 personnes ont perdu la vie dans une catastrophe climatique depuis le premier sommet sur le climat, en 1995. Il serait dramatique que l'état d'urgence instauré en France ne réduise la COP21 à une négociation technique d'officiels à huis clos. Et efface ainsi cet enjeu central des victimes climatiques.
La Coalition climat 21 appelle toujours à se mobiliser pour le climat le 29 novembre, malgré l’interdiction de la marche, après les attentats du 13 novembre. La CGT et SUD-PTT dénoncent, pour leur part, une atteinte aux libertés publiques.
Le gouvernement interdit les principales manifestations militantes prévues pendant la COP21. Cette décision frappe un mouvement social émergent, international, très dynamique et mal aimé des autorités.
Le gouvernement maintient l’organisation de la conférence de l’ONU sur le climat. Mais le contexte politique de cette réunion internationale est bouleversé.
Le bouleversement du climat, c’est nous qui le causons. Mais une mécanique de déresponsabilisation est en marche : la construction du climat comme un sujet extérieur à nous-mêmes, sans rapport avec nos politiques publiques, nos modes de vie, nos choix électoraux, notre vision du développement.
Simple hypothèse pour les géophysiciens, l’idée d’une nouvelle ère géologique causée par les activités humaines et leurs ravages sur le système Terre remporte un succès spectaculaire dans le monde intellectuel. Pour le philosophe Clive Hamilton, « il ne s’est rien produit de comparable dans l’histoire humaine ».
Pékin a publié de nouvelles statistiques qui montrent que la consommation de charbon du pays a été sous-estimée de 10 à 15 % pour la période 2005-2013.
Une déclaration des présidents chinois et français appelle à un accord qui relève le défi du changement climatique, en respectant l'équité entre les pays et en maintenant « une croissance économique forte », tout en gardant « l'objectif de contenir l’élévation de température en dessous de 2 °C ». Des intentions louables, mais des demandes incompatibles.
Il faut reconnaître « la valeur économique et sociale des actions de réduction du CO2 », alertent ces chercheurs. Sinon, les politiques climatiques risquent de se révéler inefficaces et injustes, et seront rejetées par les sociétés.